2. Une œuvre d'historien
On connaît trois ouvrages de Salluste. Deux seulement sont conservés intégralement : la Conjuration de Catalina (Catilinae Conjuratio) et la Guerre de Jugurtha (Bellum Jugurthinum). Du troisième, les Historiae on ne possède que des extraits. Cicéron fait allusion, dans l'une de ses lettres, à un poème intitulé Empedoclea, dont l'auteur était un nommé Sallustius, peut-être identique à l'historien. L'hypothèse n'est pas sans vraisemblance : un tel poème évidemment inspiré par l'œuvre du philosophe sicilien, s'accorderait assez bien avec les positions philosophiques adoptées par l'historien dans les prologues qu'il a mis en tête du Catilina et du Jugurtha. Mais comme on ne connaît aucun vers des Empedoclea, l'hypothèse ne saurait être démontrée.
Plus importants, trois opuscules, dont l'authenticité n'est pas absolument établie, ont été conservés : deux Lettres à César vieillard (Ad Caesarem senem) et une Invective contre Cicéron (Invectiva in Ciceronem). En dépit des controverses soulevées autour de ces petits ouvrages, il semble bien qu'il faille aujourd'hui conclure à leur authenticité, même à celle de l'Invective, texte qui est le plus souvent mis en question. Non seulement la langue de ces opuscules est celle de Salluste (naturellement, des faussaires auraient pris la précaution d'en faire un pastiche !), mais surtout, les situations politiques auxquelles ils font allusion sont celles de la date à laquelle est assigné chacun d'eux, et les idées qui s'y trouvent exprimées s'accordent avec les thèses chères aux réformateurs « philosophes » de ce temps, comme l'était Salluste (diminuer le rôle joué par l'argent dans la cité, plus d'égalité entre les citoyens, restauration de l'autorité contre les factions, etc.). L'Invective doit dater de 54 avant J.-C. la « première » Lettre de 46, la « seconde », probablement de 49 ou 48, au moment où tout est remis en question dans l'organisation de l'État.
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