L'activité guerrière dominait, de mars à octobre, une portion définie de l'année religieuse romaine correspondant à la saison primitivement réservée à ce type d'activité. En mars, sous la tutelle du dieu qui donnait son nom à ce mois, un ensemble de cérémonies visait à inspirer aux combattants sur le départ le délire sacré, le furor, requis par l'état particulier où ils entraient ; en octobre, une nouvelle série de rites, au retour des combattants, les désacralisait pour faciliter leur passage à la vie civile.
Deux équipes de prêtres spécialisés étaient chargées d'opérer ces transitions : les Saliens du Palatin, consacrés à Mars, assuraient l'ouverture de la saison guerrière ; les Saliens de la Colline, consacrés à Quirinus, intervenaient pour la clore. Les premiers opéraient le 19 mars, les seconds le 19 octobre. À ces deux dates, portant les ancilia (les douze boucliers bilobés dont onze étaient la fidèle reproduction d'un talisman tombé du ciel) qu'ils frappaient à coups de javelots, les Saliens parcouraient les rues de Rome en chantant un hymne propre à leur collège et en se livrant à une danse à trois temps, la tripudium. Leur intervention s […]
