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SALARIAT

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2.  La « grande transformation »

Du sweating system (« système de la sueur »), comme l'appela Marx, on a retenu l'exploitation dont il était porteur. Et il est vrai qu'elle était considérable : la relation était trop inégale, entre la survie des uns et les surprofits de l'autre. Cependant, cette intrusion des premières formes d'industrialisation s'est accomplie sans bouleverser la société familiale traditionnelle : elle l'a consolidée plus qu'elle ne l'a désagrégée. Tous ces salariés à domicile – les uns travaillant chez eux, les autres logeant chez leur employeur – « n'avaient pas, comme la classe ouvrière dans le monde industriel contemporain, un horizon de travail en commun », écrit Peter Laslett. Mais le ver était dans le fruit : pour contrôler cette main-d'œuvre dispersée, comme le soutient Stephen Marglin, pour réduire les « coûts de transaction », comme l'estime Oliver Williamson, ou pour bénéficier des avantages techniques de la division et de l'organisation du travail, comme l'analyse Adam Smith avec l'exemple célèbre de la manufacture d'épingles, la main-d'œuvre ouvrière allait désormais être rassemblée dans un même lieu, l'usine. Au salariat traditionnel, encastré dans des réseaux familiaux, avec un mode et un niveau de rémunération fixés par la coutume – voire par le juge de paix, comme c'était le cas en Angleterre – succédait le salariat moderne : un lieu de travail distinct de celui de la famille, des relations dictées par l'« eau glaciale du calcul égoïste », selon l'expression de Marx dans Le Manifeste communiste, la transformation du travail en une marchandise et du salaire en un prix. « La disparition des fonctions économiques de la famille patriarcale au moment de l'industrialisation a créé une société de masse. Ce phénomène a transformé les gens qui travaillaient en une masse d'individus égaux non différenciés [...], privés à jamais des sentiments que leur apportait le travail en tant que besogne de famille », souligne, fort justement, Peter Laslett.  […]

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ÉCONOMIE (Histoire de la pensée économique) - Keynésianisme

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ENTREPRISE - Les relations interentreprises

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ENTREPRISE - Communication d'entreprise

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GRÈVE

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HARCÈLEMENT MORAL

Écrit par :  Alain CHIREZ

Dans le chapitre "Les constats de la médecine du travail"  : …  ou psycho-terreur, procède d'abord d'un constat. Un rapport du Bureau international du travail *(Violences au travail, 1998) établit que 11,2  p. 100 des Français et 8,9  p. 100 des Françaises se déclarent victimes d'agressions psychologiques et physiques dans leur entreprise. Avec l'Argentine, le Canada et la Grande-Bretagne, la… Lire la suite
INDUSTRIE - Industrialisation et formes de société

Écrit par :  Samir AMIN

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INÉGALITÉS - Les inégalités économiques

Écrit par :  Éric MAURIN

Dans le chapitre "Résurgence des inégalités devant l'emploi et les salaires dans les pays riches"  : …  *La montée des inégalités devant l'emploi et les salaires en Occident a donné lieu à des débats très vifs, notamment parmi les économistes. De fait, il est politiquement crucial de savoir si ces nouvelles inégalités sont dues au progrès technique et à une insuffisante adaptation de la main-d'œuvre aux nouveaux besoins en qualification, ou si elles… Lire la suite
INÉGALITÉS HOMMES-FEMMES, France

Écrit par :  Alain BIHRRoland PFEFFERKORN

Dans le chapitre "Le développement de l'activité professionnelle des femmes"  : …  100 encore avec deux enfants, et même à près de 55 p. 100 pour les mères de trois enfants et plus. *Toutes ces transformations s'effectuent dans un contexte de forte augmentation de la part des salariés dans la population active : en 1997, 83,5 p. 100 des hommes et 89 p. 100 des femmes occupant un emploi sont des salariés. Parmi les salariés, la… Lire la suite
JAPON (Le territoire et les hommes) - L'économie

Écrit par :  Evelyne DOURILLE-FEER

Dans le chapitre "L'organisation spécifique du travail"  : …  *Des années 1950 aux années 1980, la rapidité de l'expansion économique rend le système de salaires à l'ancienneté très avantageux pour les entreprises grâce à des politiques vigoureuses d'embauche de jeunes peu rémunérés. De plus, un tiers de la rémunération totale des salariés, constitué par les heures supplémentaires et les bonus, est modulable.… Lire la suite
LOYAUTÉ

Écrit par :  François BOURRICAUD

Dans le chapitre "Les cadres sociaux de la loyauté"  : …  l'entreprise ne peut plus être vécue ou pensée autrement que comme un champ de bataille. Parler aux *salariés de la « loyauté » envers leur entreprise n'a évidemment pas de sens pour un marxiste : les salariés qui se laisseraient prendre à ce discours seraient victimes d'une « mystification » et les employeurs qui le tiendraient ne seraient… Lire la suite
MACROÉCONOMIE - Emploi

Écrit par :  Bernard GAZIER

…  siècle sont des heures de travail domestique non rémunéré (entretien du foyer, soin des enfants). *L'emploi rémunéré « officiel » est ainsi, même dans les pays riches, une réalité à la fois dominante et minoritaire. Dominante parce que nos sociétés valorisent le statut de travailleur rémunéré, marginalisent l'inactif et rejettent le chômeur.… Lire la suite
MARCHÉ DU TRAVAIL

Écrit par :  Pierre ROLLEJean-Jacques SILVESTRE

… taille du marché, influence des activités à bas et hauts salaires). D'autre part, le mouvement des *salariés vers les emplois s'opère de manière relativement indépendante des salaires offerts, du fait de l'attrait exercé par les emplois immédiatement disponibles, compte tenu de la formation professionnelle des individus, de leur résistance au… Lire la suite
MARXISME - La théorie marxiste

Écrit par :  Étienne BALIBARPierre MACHEREY

Dans le chapitre "Travail et surtravail"  : …  comme le vendeur, le partenaire d'un contrat d'échange (force de travail contre salaire). *Elle est masquée par la fiction juridique (mais fiction nécessaire, on va le voir) du salaire, qui présente celui-ci comme « prix du travail » proportionnel à la quantité de travail fournie (alors que le travail n'est pas, en fait, une… Lire la suite
MICROÉCONOMIE - Incitations et contrats

Écrit par :  Bernard SALANIÉ

Dans le chapitre "L'aléa moral en entreprise"  : …  des entreprises. Ainsi, l'employeur ne peut pas parfaitement contrôler les décisions de ses *salariés, et notamment la qualité de leur travail (par opposition à sa quantité, qui peut être mesurée, par exemple par les heures de présence). L'employeur ne peut que conditionner les salaires à la production ou à d'autres variables observables… Lire la suite
MONDIALISATION - Pour une régulation économique internationale

Écrit par :  Michel AGLIETTA

Dans le chapitre "Approfondir l'économie mixte"  : …  Le xxe siècle a été celui de l'essor des *sociétés salariales dans un groupe limité de pays. Dans ce régime de croissance, où l'accumulation du capital dépend de manière cruciale de la demande sociale du plus grand nombre de citoyens salariés, le capitalisme n'est légitime, donc viable, que s'il est combiné avec des éléments de… Lire la suite
MULTINATIONALES ENTREPRISES

Écrit par :  Jean-Louis MUCCHIELLI

Dans le chapitre "La recherche de meilleures conditions d'offre : coûts, approvisionnement et technologie"  : …   : 1. la compétitivité du produit résiderait dans son coût et dans un prix le plus bas possible. *Le coût de la main-d'œuvre serait prédominant dans le prix de revient. 2. La main-d'œuvre est censée avoir la même productivité partout dans le monde. En fait, ce sont les différences de productivité (coût unitaire) et non plus de coût horaire de la… Lire la suite
PROLÉTARIAT & PROLÉTARISATION

Écrit par :  Serge MALLET

Dans le chapitre "Producteur de plus-value"  : …  en mesure d'assurer le développement de l'accumulation, la « reproduction élargie du capital ». *En quoi consiste la plus-value ? L'ouvrier vend au capitaliste sa force de travail pour une certaine somme par jour. Après avoir travaillé quelques heures, il se trouve avoir reproduit la valeur de cette somme. Mais son contrat de travail porte qu'il… Lire la suite
RÉPARTITION DES REVENUS

Écrit par :  Ozgur GUN

Dans le chapitre "Deux visions radicalement opposées"  : …  lieux privilégiés d'une façon ou d'une autre, etc.). Du fait de la fragilité de leur position,* les travailleurs – qui n'ont d'autre ressource que leur force de travail – vont voir leur salaire osciller autour d'un niveau de subsistance (relatif évidemment aux conditions de vie caractéristiques de la société dans laquelle ils vivent, et tenant… Lire la suite
REVENUS ET PATRIMOINE DES MÉNAGES, France

Écrit par :  Alain BIHRRoland PFEFFERKORN

Dans le chapitre " Les inégalités de revenus"  : …  de vie se sont accrues en dix ans, la hiérarchie s'étant essentiellement ouverte par le haut. *Chez les salariés, seuls les ménages de cadre ont vu leur niveau de vie s'accroître, celui des autres catégories stagnant, voire baissant comme pour les ouvriers non qualifiés, qui ont connu une paupérisation absolue sur l'ensemble de la période. Le… Lire la suite
RÉVOLUTION INDUSTRIELLE

Écrit par :  Jean-Charles ASSELAIN

Dans le chapitre "Violence sociale de la révolution industrielle"  : …  des questions les plus débattues. Si la thèse d'une paupérisation à long terme n'est plus tenable, *la courbe des salaires réels tend à se déprimer vers la fin du xviiie siècle (sous l'effet notamment de la mécanisation associée au travail massivement sous-payé des femmes et des enfants), et il faudra attendre les années 1820… Lire la suite
ROYAUME-UNI - Économie

Écrit par :  Emmanuel HACHE

Dans le chapitre "La contrainte sociale : réduire les inégalités"  : …  considérablement précarisé l'emploi, avec une accélération du recours au travail à temps partiel *(23,5 p. 100 en 2008, contre une moyenne de 19,5 p. 100 dans la zone euro). Les transformations du rapport salarial et l'introduction, notamment dans le secteur des services, d'une rémunération à la performance, ont également eu pour conséquences une… Lire la suite
RURAUX SOCIOLOGIE DES

Écrit par :  Patrice MANNHenri MENDRAS

Dans le chapitre "Déséquilibres sociaux"  : …  aller travailler dans les manufactures des villes où leur travail est plus rentable qu'à domicile. *Salariés agricoles et artisans ont constitué la masse de prolétaires qui a permis le développement de l'industrie dans la première moitié du xixe siècle. Les petits paysans ayant des exploitations agricoles trop petites pour se… Lire la suite
THE MARKET FOR LEMONS : QUALITY UNCERTAINTY AND THE MARKET MECHANISM, livre de George A. Akerlof

Écrit par :  Ariane TICHIT

Dans le chapitre "Une nouvelle microéconomie"  : …  dès lors, par l'existence d'un salaire d'efficience (Shapiro et Stiglitz, 1984) : *comme les entreprises ne peuvent pas observer parfaitement le travail des employés, elles sont contraintes d'offrir un salaire suffisamment élevé pour les inciter à fournir un effort maximal. Ainsi, même si certaines personnes étaient prêtes à… Lire la suite
LA THÉORIE DE LA RÉGULATION : UNE ANALYSE CRITIQUE, livre de Robert Boyer

Écrit par :  Annie SORIOT

Dans le chapitre "Un nouveau paradigme ?"  : …  du statut de cette théorie par rapport à sa filiation généralement reconnue vis-à-vis du marxisme. *En effet, la régulation s'intéresse particulièrement aux configurations du rapport salarial, envisagé d'un point de vue macroéconomique « dans son double aspect d'organisation de la production et de système de rémunération comme déterminant majeur de… Lire la suite
TRAVAIL

Écrit par :  Denis CLERC

… .. Dans l'emploi indépendant, les règles de travail sont définies par le travailleur lui-même. *Dans l'emploi salarié, elles sont fixées par la loi, la convention collective, le contrat de travail ou, à défaut, l'employeur lui-même : l'emploi salarié est donc caractérisé par un rapport de subordination du salarié à l'employeur, lequel est tenu… Lire la suite
TRAVAIL - La fin du travail ?

Écrit par :  Dominique MEDA

Dans le chapitre "Le temps de travail, un temps résiduel ?"  : …  de profonds bouleversements et exercé une influence indéniable sur le volume d'heures travaillées : *à la fin de l'année 2001, la durée collective hebdomadaire de travail des salariés à temps complet travaillant dans des entreprises de plus de dix salariés était tombée à 35,7 heures, soit une réduction de trois heures par rapport à la fin de 1996.… Lire la suite
TRAVAIL SOCIOLOGIE DU

Écrit par :  François VATIN

Dans le chapitre " De la question sociale à l'organisation scientifique du travail"  : …  les observateurs sociaux sont amenés à reconnaître un nouveau principe d'organisation sociale :* celui du « salariat », forme de sujétion limitée dans le temps et l'espace du travail. Les économistes libéraux résistèrent pourtant tout au long du xixe siècle à la reconnaissance de ce principe social qui leur rappelait l'… Lire la suite
LES TRENTE GLORIEUSES, livre de Jean Fourastié

Écrit par :  Francis DEMIER

Dans le chapitre "Un nouveau profil de la population et de la société française"  : …  mobilité plus forte d'un métier à un autre, qualification supérieure des emplois aussi. *Si un salarié sur deux est encore ouvrier, le nombre des travailleurs indépendants a diminué de moitié et l'offre d'emplois de cadres été multipliée par trois. Si l'enseignement primaire a progressé au rythme de la croissance démographique, l'enseignement… Lire la suite

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Usine Ford États-Unis : la prospérité, 1920-1929

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