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SAINTETÉ

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3.  L'hindouisme

Il est peu de pays au monde où la sainteté soit aussi prisée et populaire qu'en Inde. Que ce soient les sādhu traditionnels de toute robe et de toute obédience qui parcourent le sous-continent, véritables colporteurs des nouvelles sous leur livrée d'ascète et de yogi, que ce soient de brillants intellectuels, réformateurs néo-hindous, philosophes et chefs d'āśrama, héritiers spirituels des cinq grands commentateurs du Véda, que ce soient le peuple des pèlerins et ses guru chanteurs des louanges du Bienheureux sur la route de ses sanctuaires, ils ont tous en commun d'être de fidèles défenseurs du renoncement à ce monde qui, profondément trompeur et mauvais, ne peut que les faire errer dans leur quête de la réalité ultime et de la délivrance du cycle infernal des renaissances. Dans quelle mesure cette mise en marge du monde, donc d'une société minutieusement organisée avec sa hiérarchie des castes, a-t-elle pu être acceptée comme la voie au bien suprême, une perfection morale ? La société brahmanique a dû, par des moyens divers, des détours subtils, tolérer cet irrésistible idéal de la sainteté (qui l'a peut-être précédée, selon certains, sur la terre indienne) et l'intégrer à son système pour se survivre.

  Idéal de sainteté et devoir social

Il semble qu'il y ait eu de tout temps en Inde des « renonçants » (saṃnyāsin), hommes (et même parfois femmes) se retirant loin de tout environnement humain, adonnés à la méditation, à l'ascèse yogique, pratiquant une rigoureuse chasteté, en vue de conquérir une réalité supérieure cachée derrière notre monde visible, illusoire, mirage de la māyā. Ermites forestiers ou moines errants, ils ne sont préoccupés que de leur salut individuel : obtenir, par la résorption dans le Brahman, ce bien suprême qu'est la délivrance du cycle des renaissances (saṃsāra) qui oblige tout être à payer indéfiniment de plus ou moins de souffrances l'héritage de ses vies antérieures. La délivrance ultime (mokṣa) peut s'obtenir avant la mort même du saint : il est alors un jīvana-mukta, un « délivré vivant », qui transmet son  […]

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« SAINTETÉ » est également traité dans :

ARHAT ou ARHANT

Écrit par :  Jean-Christian COPPIETERS

… *Le terme arhat ou arhant (de la racine arh, mériter), que l'on peut traduire par « saint », désigne dans le bouddhisme ancien le stade le plus élevé dans la progression religieuse pour les adeptes du Petit Véhicule, stade qui fait suite aux étapes de srotaāpanna, de sakrdāgāmin et d'anāgāmin. Les caractéristiques… Lire la suite
BOUDDHISME (Histoire) - Le Buddha

Écrit par :  André BAREAU

Dans le chapitre "La Voie (Mārga) qui mène à la cessation de la douleur"  : …  *La Voie de la Délivrance est la « Sainte Voie aux huit membres » : opinion correcte, intention correcte, parole correcte, activité corporelle correcte, moyens d'existence corrects, effort correct, attention correcte et concentration mentale correcte. Chacun de ces « membres » doit être visé au moyen de diverses méthodes, dont la première est une… Lire la suite
BOUDDHISME (Les grandes traditions) - Bouddhisme indien

Écrit par :  Jean FILLIOZATPierre-Sylvain FILLIOZAT

Dans le chapitre "Le chemin de l'arrêt de la douleur"  : …  mondes où les êtres ont pour fonction d'être perpétuellement plongés en ces mêmes états psychiques. *Au dernier des quatre stades de la marche à l'arrêt de la douleur, le saint (arhat) est en possession, dès ce monde, d'une première forme de l'Extinction. À la mort, il obtiendra l'Extinction totale. L'Éveil (bodhi) est beaucoup plus… Lire la suite
CANONIQUE DROIT

Écrit par :  Patrick VALDRINI

Dans le chapitre "Droit des personnes et des communautés"  : …  instituts de tout genre). Cette organisation est faite sur le fond de la vocation universelle à la *sainteté, propre à tout fidèle, que l'Église régule lorsque des personnes veulent la vivre par la pratique des conseils évangéliques dans des instituts de vie consacrée érigés canoniquement par l'autorité compétente de l'Église. Ces instituts sont… Lire la suite
CANONISATION

Écrit par :  Joachim BOUFLET

… *La canonisation est, dans l'Église catholique, l'acte par lequel un personnage est proclamé officiellement saint, c'est-à-dire arrivé à l'union parfaite avec le Christ. La notion de sainteté existe dans le christianisme dès l'origine, car, « appelés par Dieu, non au titre de leurs œuvres mais au titre de son dessein et de sa grâce, justifiés en… Lire la suite
DIEU - L'affirmation de Dieu

Écrit par :  Claude GEFFRÉ

Dans le chapitre "Les traits caractéristiques du Dieu d'Israël"  : …  , 7), doivent être rapportés à Dieu. Le Dieu d'Israël est essentiellement le Dieu *saint. Il ne s'agit pas là d'une qualification morale, mais de la note distinctive de Dieu : il doit être dit tout-autre par rapport à tout le créé, lequel, par contraste, n'est que néant et péché. La sainteté, c'est l'ordre d'existence de Dieu… Lire la suite
DULIE & HYPERDULIE

Écrit par :  Henri-Jacques STIKER

… *La pratique populaire chrétienne consistant à rendre un culte aux saints, avec les excès ou les mépris qu'elle peut entraîner, a amené les théologiens et l'Église officielle à prendre position à ce sujet. On a admis qu'une forme de culte était légitime vis-à-vis des saints, mais en précisant qu'il fallait la distinguer du culte rendu à Dieu lui-… Lire la suite
GUILLELMITES

Écrit par :  Raoul VANEIGEM

… *Le rassemblement, autour d'une certaine Guiglelma qui s'est acquis une réputation de sainteté, de fidèles prêchant l'imminence du troisième âge semble, à première vue, ne relever que de l'agitation joachimite si fréquente dans la seconde moitié du xvie siècle. Deux traits prêtent cependant au phénomène un caractère particulier… Lire la suite
HAGIOGRAPHIE

Écrit par :  Michel de CERTEAU

Dans le chapitre "Histoire et sociologie"  : …  savoir. Les secondes, comme mille « Fleurs des saints » populaires, sont très répandues, et consacrées plutôt à des contemporains morts « en odeur de *sainteté ». Au xxe siècle, d'autres personnages, ceux de la politique, du crime ou de l'amour, prennent le relais des « saints », mais entre les deux séries le clivage se maintient… Lire la suite
ISAÏE (~VIIIe s.)

Écrit par :  Robert MARTIN-ACHARD

…  et développe un des thèmes essentiels du prophète du viiie siècle, celui de la *sainteté (c'est-à-dire de la transcendance) du Dieu d'Israël. L'expression forgée par Isaïe lui-même « Yahvé, le Saint d'Israël » – le Dieu dont la sainteté apparaît à Israël et par lui au monde – se retrouve tout au long d'un livre prophétique dont… Lire la suite
ISLAM (La religion musulmane) - Les sciences religieuses traditionnelles

Écrit par :  Chafik CHEHATARoger DELADRIÈREDaniel GIMARETGuy MONNOTGérard TROUPEAU

Dans le chapitre "La sainteté, « amitié divine » (« walāya ») et « proximité de Dieu » (« qurba »)"  : …  spirituel s'arrête là où commence celui de Dieu à l'égard des êtres d'exception, c'est-à-dire les *saints. Le mot qui les désigne habituellement est celui de walī (awliyā‘ au pluriel). Des versets coraniques (x, 62-64), souvent cités, attestent que : « Les amis de Dieu n'éprouveront plus aucune crainte ni aucune… Lire la suite
JEANNE D'ARC (1412-1431)

Écrit par :  Jacques LE GOFF

…  etc. Les deux caractères qui, au xxe siècle, sont passés au premier plan : la *sainteté et le nationalisme, sont liés au moment historique et chargés d'équivoques et d'erreurs de perspective historique. Jeanne d'Arc, au xve siècle, ne pouvait apparaître comme une sainte à personne et l'idée n'a effleuré… Lire la suite
MARABOUTISME

Écrit par :  Roger ARNALDEZ

…  suspects. Comme le dit E. Dermenghem, le mot « marabout » a fini par s'appliquer « à la fois au *saint vivant ou au saint enterré, au monument qui abrite sa tombe, aux successeurs du saint, aux objets, arbres, animaux plus ou moins sacrés, pratiquement à toutes les catégories du sacré ».  La racine du mot ribāṭ signifie « lier ».… Lire la suite
MORALE

Écrit par :  Éric WEIL

Dans le chapitre "Le problème philosophique du fondement de la morale"  : …  savoir ce qui est bien, ce qui est mal. La grâce ne détruit pas la nature, elle la parfait. *Deux morales, celle de la simple vertu, celle de la sainteté, coexistent ainsi dans un équilibre toujours menacé : depuis que saint Ambroise a introduit les principes moraux du stoïcisme, tels qu'il les avait trouvés chez Cicéron, dans une morale… Lire la suite
NIRVANA ET SAMSARA

Écrit par :  André BAREAU

Dans le chapitre "Le « saṃsāra » et ses diverses interprétations"  : …  et définitive de tous les liens qui retenaient l'être dans la série des existences successives. *Le saint chez lequel ce phénomène se produit sait alors qu'il ne renaîtra plus, qu'il a atteint le terme de la longue voie menant à la Délivrance, que « sa tâche est accomplie ». Dans la plupart des cas, il continue à vivre pendant plusieurs années,… Lire la suite
PÈLERINAGES & LIEUX SACRÉS

Écrit par :  Alphonse DUPRONT

…  aux limina Apostolorum romains, a-t-on jamais parlé, les concernant, de lieux sacrés ?* L'entière figure architecturale de Saint-Pierre de Rome magnifie le tombeau de l'apôtre, aux lieux présumés de son martyre, comme culte historique de corps saint. L'expression « lieu sacré », au contraire, fleure son paganisme. Le « lieu » y prend… Lire la suite
POLYEUCTE MARTYR, Pierre Corneille

Écrit par :  Christian BIET

Dans le chapitre "Amour sacré, amour profane"  : …  Pauline, il propose un héroïsme saint, capable de bouleverser les âmes et jusqu'à l'État lui-même. *Par sa conversion, par son acte violent et flamboyant, par son sacrifice enfin, Polyeucte convertit les esprits et transforme l'ordonnance politique du monde pour fonder une monarchie très-chrétienne. En renversant les idoles et en mourant pour l'… Lire la suite
PRATYEKABUDDHA

Écrit par :  Jean-Christian COPPIETERS

… *Dans la hiérarchie des saints du bouddhisme, les pratyekabuddha occupent une situation moyenne (madhya) entre les shrāvaka (auditeurs), qui obtiennent le salut d'un maître auprès duquel ils s'instruisent, et les samyaksambuddha, buddha à part entière. La vie du pratyekabuddha se passe tout entière dans la solitude (pratyeka). On l'appelle souvent,… Lire la suite
RURALE CIVILISATION

Écrit par :  Emmanuel LE ROY LADURIE

Dans le chapitre "Religion, culture et folklore"  : …  veillent, des pieds à la tête, sur les organes respectifs des malades qui se présentent à la cure. *Certes l'Église, surtout après le concile de Trente (1545-1563), peut bien rappeler aux villageois, de temps à autre, que les saints, et même la Vierge, ne sont que de simples intercesseurs auprès de la Trinité. Mais, pour les paysans qui célèbrent… Lire la suite
SABBATAI TSEVI (1626-1676)

Écrit par :  Bernard DUPUY

Dans le chapitre "Sabbatai Tsevi et Nathan de Gaza"  : …  parce que la structure de l'univers était modifiée par l'apparition du messie : les étincelles de *sainteté jaillies de l'âme primitive d'Adam et dispersées dans la création n'étant plus au pouvoir des « coquilles » (kelippot, « puissances mauvaises »), le mal est devenu impuissant et la rédemption est en marche. Sabbatai Tsevi était… Lire la suite
SACRÉ

Écrit par :  Dominique CASAJUSAndré DUMAS Universalis

Dans le chapitre "Sacralisation et sanctification"  : …  À première vue, il n'y a pas de différence entre les termes de sacralisation et de sanctification. *Le saint, comme le sacré, est séparé, fondateur et idéal. Comme lui, il appelle des interdits et il contient des promesses. C'est ainsi que Roger Caillois écrit : « Le sacré est un univers de prohibitions transcendantes, capitales, arbitraires, ou… Lire la suite
SALUT

Écrit par :  André DUMASJean PÉPIN

Dans le chapitre "La délivrance dans le védisme et le bouddhisme"  : …  plus tourner. Selon certaines écoles, cette délivrance n'est possible qu'à la mort, mais d'autres *voient dans le saint, dès ici-bas, un « délivré-vivant » dépouillé de tout besoin, de tout désir, de tout intérêt : « Il jouit sans relâche de la délivrance, plongeant et replongeant dans ce lac de béatitude innée qu'est la suprême réalité de Shiva… Lire la suite
TOUSSAINT

Écrit par :  Henri-Jacques STIKER

… *La fête de « tous les saints », que l'Église catholique célèbre le 1er novembre, est relativement populaire parce qu'elle s'est trouvée liée à la commémoration des défunts, fixée au 2 novembre. Beaucoup de fidèles n'ayant de pratique liturgique que quatre fois l'an (Noël, Pâques — ou les Rameaux —, le 15 août, la Toussaint), cette fête… Lire la suite
TSADDIQ

Écrit par :  Roland GOETSCHEL

… *Le tsaddīq (juste) est, à côté du talmid hakam (l'érudit) et du ḥassid (l'homme pieux), un des grands types idéaux de l'éthique juive. Alors que le talmid hakam représente la valeur menée à sa perfection, le tsaddīq et le ḥassid incarnent des valeurs éthiques liées au cœur et aux actions de l'… Lire la suite
WALI

Écrit par :  Georges BOHAS

… *Dans le Coran, walī (pluriel awliyā') désigne celui qui est proche de Dieu. À cette idée de proximité s'ajoute celle de protection. Puis, ce terme en est rapidement venu à désigner de pieux personnages, réputés proches de Dieu et dont on pouvait escompter le patronage ; ainsi, walī est devenu l'équivalent du terme français : saint… Lire la suite

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