2. Histoire
On ignore la date exacte de la découverte de Sainte-Lucie par les Européens, mais elle se situerait autour de 1500. Les Anglais tentent les premiers de coloniser l'île en 1605 et en 1638, mais leurs efforts sont contrariés par les maladies qui frappent les colons et l'hostilité des Karibs indigènes. Des Français venus de Martinique réussissent à s'implanter dans l'île en 1650 et signent un traité avec les Karibs en 1660. En 1664, Thomas Warner, fils du gouverneur de Saint-Kitt-et-Nevis, reprend l'île, qui est rendue à la France par la paix de Breda en 1667. En 1674, la couronne de France la revendique et la rattache à la Martinique.
Les Britanniques tentent à nouveau de s'implanter dans l'île en 1722, lorsque le roi d'Angleterre George Ier l'octroie au duc de Montague, mais cette nouvelle tentative est contrariée par la France, qui a attribué Sainte-Lucie au maréchal d'Estrées en 1718. L'île est donc déclarée neutre. En 1743, les Français en reprennent possession et la conservent jusqu'au traité d'Aix-la-Chapelle en 1748, qui restitue à Sainte-Lucie sa neutralité. En 1762, l'île est néanmoins prise par l'amiral George Rodney et le général Robert Monckton, avant d'être rendue une fois de plus à la France lors du traité de Paris en 1763. À compter de cette date, des Français venus de Saint-Vincent et de la Grenade établissent des plantations de coton et de canne à sucre. De fait, l'influence française transparaît encore aujourd'hui à travers la prépondérance de l'Église catholique et la survivance d'un dialecte français. En 1778, l'île repasse sous le contrôle des Britanniques, qui utilisent ses ports comme base navale, mais le traité de Versailles restitue Sainte-Lucie à la France en 1783. Jusqu'en 1803, l'île passe plusieurs fois entre les mains des deux puissances. Les Britanniques doivent réprimer un parti révolutionnaire soutenu par des esclaves insurgés, avant de reprendre l'île en 1803. Sainte-Lucie est cédée définitivement à la Grande-Bretagne en 1814 par le traité de Paris et devient dès lors une colonie de la Couronne. Entre 1838 et 1885, elle est administrée, avec les autres îles du Vent, par le gouverneur de la Barbade.
Lors de l'abolition de l'esclavage en 1833, Sainte-Lucie compte plus de 13 000 esclaves noirs, 2 600 Noirs affranchis et 2 300 Blancs.
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