Saint-Lô, chef-lieu du département de la Manche, compte 19 600 habitants (estimation de 2005). Préfecture modeste dans un département actif et bien peuplé (489 000 habitants), elle doit partager quelques-unes des fonctions de commandement avec des villes petites ou moyennes : Cherbourg, la principale agglomération (la préfecture maritime), Coutances et Avranches (l'évêché), Granville (la chambre de commerce et d'industrie)... Aux confins occidentaux de la Normandie, l'histoire de Saint-Lô, – depuis le Briovera gaulois et Laud, le saint évangélisateur du vie siècle et évêque de Coutances qui lui donna son nom –, se confond avec celle d'une région rurale et maritime, un peu isolée mais attachante, animée par les petits manoirs seigneuriaux, les fermes de plus en plus tournées vers l'élevage bovin, les reliefs et les fourrés du bocage normand. Dans cette ambiance, la ville, par une position centrale, tient une place de choix. Elle lui doit, pour son malheur, une destruction complète au cours des combats de la bataille de Normandie, en 1944. Saint-Lô, image de la tradition qu'attestent encore les remparts au-dessus de la Vire et l'église Notre-Dame, est maintenant une ville neuve dont le patrimoine architectural est composé surtout d'immeubles modernes, l'hôtel de ville, le beffroi, l'hôpital France-États-Unis...
Ancienne cité de marchés et de foires, la ville doit l'essentiel de son activité à d'étroites relations avec la région environnante. L'autoroute Caen-Avranches-Rennes ainsi que des routes à quatre voies élargissent ses horizons. Elle est au cœur d'une grappe d'industries laitières le long de la vallée de la Vire et des petites vallées adjacentes depuis Pont-Hébert jusqu'à Tessy et Torigny, où se fabriquent tous les produits de grande consommation et de belle réputation normande (lait pasteurisé, crème, beurre, camemberts, yaourts...). Le haras national, créé en 1806, au service des fermes de la Manche, assure la reproduction du cheval de demi-sang (le Selle français) pour les courses de trot et les concours hippiques, et contribue à faire du département le premier en France pour cette spécialité en développement. Aux commerces de détail et à la grande distribution, à un petit centre universitaire en annexe de Caen, Saint-Lô ajoute plusieurs établissements industriels, telle l'usine du groupe d'électro-ménager Seb qui a partiellement échappé à la liquidation de Moulinex. L'industrie a perdu des emplois depuis 2000 (environ 400 suppressions de postes). À la tête d'une zone d'emploi de 88 400 personnes, avec un taux de chômage relativement faible pour la région (10,2 p. 100), Saint-Lô, étape pour le tourisme, avec son patrimoine architectural remis en valeur, ses perspectives sur la Vire et sur les remparts, son faisceau de routes modernisées, apparaît maintenant comme une ville désenclavée, un relais de l'axe de développement Paris-Caen-Cherbourg vers les bocages de l'Ouest.
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