Antoine Girard, dont le nom se gonflera peu à peu, naît à Quevilly près Rouen, dans une famille de marins. Son frère courra l'aventure à Java. Son père a navigué, puis est devenu armateur et possède des intérêts commerciaux dans une fabrique de verre. Il professe le protestantisme. Saint-Amant se flatte de n'avoir pas appris les langues anciennes. Il sait du moins l'italien, l'espagnol, l'anglais, s'intéresse aux sciences et à la philosophie, a des connaissances en peinture et en musique et jouira d'une belle réputation de joueur de luth. Dès son adolescence, on l'embarque, probablement sur un navire négrier faisant le commerce triangulaire. Il touche les côtes d'Afrique noire, les Canaries, qu'il chantera dans un sonnet, les Indes occidentales (mais on doute qu'il ait voyagé aux Indes orientales comme ses propos le laisseraient croire). Vers 1619, il s'installe à Paris et se lie à des poètes soucieux comme lui de modernité et de libre inspiration, Théophile, Boisrobert, ainsi d'ailleurs qu'au malherbien Faret. Il publie sa Solitude qui est très remarquée. Il fréquente autant les salons, dont l'hôtel de Rambouillet, que les cabarets, dont il parle plus volontiers dans s […]
