Le 3 juillet 1866 à Sadowa, près de l'Elbe, en Bohême, 221 000 Prussiens commandés par von Moltke écrasent les 215 000 Autrichiens et Saxons conduits par Ludwig August von Benedek (1804-1881). Les Prussiens, alors en pleine expansion sous l'impulsion du chancelier Otto von Bismarck, bénéficient de la supériorité de leur armement, à savoir les canons Krupp en acier, les fusils Dreyse à chargement par la culasse (le Zündnadelgewehr, fusil à aiguille qui utilise des cartouches, porte la cadence de tir à huit coups par minute, contre deux avec le fusil classique à chargement par la bouche). Les troupes autrichiennes sont décimées par les tirs rapides de l'infanterie prussienne qui, organisée en bataillons, se déplace avec célérité et efficacité. À l'inverse, l'armée autrichienne manœuvre en rangs serrés et privilégie les charges à la baïonnette. Cette bataille décisive, la plus importante du xixe siècle par les effectifs engagés, connue en Allemagne sous le nom de Königgrätz, met fin à une campagne-éclair de 7 semaines des Prussiens, qui ont parfaitement exploité le transport ferroviaire. Elle révèle à l'Europe entière la puissance de l'armée prussienne. Si les Prussiens perdent près de 9 000 hommes, les Autrichiens déplorent plus de 40 000 tués. Après la guerre de 1870, qui élimine l'opposition française, plus rien ne peut empêcher la Prusse d'édifier une Grande Allemagne.
Pascal LE PAUTREMAT
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