3. Les années noires
Patriote jusqu'à l'aveuglement, Sacha Guitry voue un culte absolu à la France et collectionne les objets, les œuvres et les écrits de tous ceux qui firent historiquement et culturellement la gloire de son pays.
Farouchement antiallemand pendant la Première Guerre mondiale, il interdit que ses pièces soient représentées de l'autre côté du Rhin après l'armistice. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il estime que la France doit rester une terre d'expression artistique et continue donc de travailler dans ce sens durant l'Occupation. Il fait rouvrir les théâtres, profite de l'admiration que lui témoignent les Allemands pour faire libérer des prisonniers de guerre ainsi que son ami Tristan Bernard, en partance pour un camp de concentration. Il n'en faut pas plus pour que ses contradicteurs l'accusent de collaboration avec l'ennemi. Incarcéré à la Libération, puis mis en examen de manière arbitraire, il bénéficie d'un non-lieu, mais devient amer et cynique. Il n'en reprend pas moins ses activités théâtrales après quatre années de silence forcé, retrouve son public et s'épuise à la tâche. Après Palsambleu (1953), il décide de ne plus monter sur les planches. Il meurt d'un cancer en 1957.
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