La tradition hindoue s'étant organisée à l'époque classique (du ~ vie s. au viiie s.) en six grands « systèmes » qui sont, en fait, autant de « façons de voir » (darśana) la doctrine fondamentale unique qui s'exprime dans le Veda, chacun de ces darśanas enseigne un certain aspect de l'idéologie : la Mīmāṁsā se voue à l'exégèse des textes liturgiques (son nom complet est karma-mīmāṁsā, le mot karman désignant les actes rituels en tant que tels). Comme il se doit, la Mīmāṁsā s'organise autour d'un texte normatif en forme de Sūtra (« chaîne de propositions ») attribué à Jaïmini, qui paraît être plutôt le nom d'un atelier de théologiens que celui d'une personnalité particulière. Les sūtra sont toujours de forme très elliptique et fonctionnent en fait comme des titres de chapitres ; ils appellent donc des commentaires. Les Sūtra de Jaïmini furent, eux aussi, assortis de ces gloses dont la plus ancienne qu'on ait conservée est celle d'un svāmin (« maître spirituel », « lettré ») probablement originaire du nord de l'Inde, Shabara (Śabara), dont on suppose généralement qu'il vécut vers le v
