2. Une œuvre abondante et polymorphe
L'œuvre de Sa‘di, rassemblée un demi-siècle après sa mort par le compilateur Mohamed Abu Bakr de Bisoutoun, se compose en grande partie de recueils de poésies, d'une demi-douzaine de traités en prose (risāleh) et de deux ouvrages de morale intitulés le Boustān (Le Verger), en vers, et le Gulistān (Le Jardin des roses), en prose mêlée de vers, auxquels l'auteur doit sa réputation. Parmi les douze recueils de poésies dont l'ensemble constitue le Divān du poète, les plus importants sont les Qasidah (odes longues) en vers arabes, les Qasidah en vers persans et les Molamma‘āt (Les Étincelles), poèmes où alternent vers arabes et persans. Les quatre recueils de ghazal (odes courtes) – dont les Khawātīm (Les Bagues) qui ont une très grande valeur du double point de vue de la pensée et de l'expression –, un livre de préceptes et de conseils intitulé Sāhibiyya, les Moqatta‘āt (Les Fragments) et les Rubaiyyāt (Les Quatrains) forment la partie la plus notable de l'œuvre poétique de Sa‘di. Il faut mentionner aussi les Mutāyabāt ou les Hazliyāt (Les Facéties), enregistrées dans certains manuscrits sous le titre de Khabithāt (Les Turpitudes), pièces pour la plupart monotones, dépourvues de toute originalité artistique et composées selon l'auteur à la demande d'un gouverneur. Le genre lyrique (ghazal) est celui dans lequel le poète a montré son talent et sa maîtrise. Sans jeux de mots excessifs et sans paraboles ennuyeuses, si abondants dans l'œuvre des grands auteurs classiques persans, les ghazal de Sa‘di sont l'expression fidèle et spontanée de ses sentiments et de ses expériences. C'est grâce à l'œuvre de Sa‘ di que ce genre a pris son essor avant d'atteindre, un demi-siècle plus tard, à la perfection avec Hāfiz.
Sa‘di est considéré avant tout comme un moraliste, et il ne doit son immense succès qu'à ses deux ouvrages didactiques. Ayant rassemblé l'essentiel des matériaux de ces livres au cours de ses voyages, il publie le Boustān en 1257 (655 de l'hégire) et le Gulistān l'année suivante. Le premier est déd […]
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