4. Les rythmes biologiques chez les végétaux
Une approche concrète de la notion de rythme chez les végétaux nous est fournie par l'observation de structures périodiques dans lesquelles on voit la marque de processus répétitifs. Ces structures périodiques se rencontrent à tous les niveaux d'organisation. À l'échelle cellulaire et subcellulaire, il est commun d'observer la striation des amyloplastes, des parois cellulaires, des cuticules ou des bandes de Caspary dans les cellules de l'endoderme des racines. À l'échelle tissulaire, l'exemple le plus significatif est celui des cernes d'accroissement des arbres. Si l'on se place à l'échelle de la plante entière, la succession en alternance des nœuds et des entre-nœuds est le reflet du mode de fonctionnement rythmique du méristème apical de la tige.
Le fait qu'on puisse distinguer une striation ou une zonation est le signe de l'existence de gradients dans les dépôts formés. Dans un poil de coton, la striation observée est attribuée à un changement d'orientation des microfibrilles de cellulose qui se répète toutes les vingt-quatre heures pendant la durée d'élaboration de la paroi secondaire du poil, soit durant vingt-quatre jours. Un tel agencement des microfibrilles, qui suppose l'intervention du flux exocytaire et du cytosquelette (Robert et Roland, 1989), n'est pas propre au poil de coton. On l'observe aussi dans les cellules pierreuses de la poire, dans les tissus collenchymateux ou épidermiques ou encore dans les parois de cellules d'algues. La striation des amyloplastes est vraisemblablement liée à des différences dans la richesse en amylose et en amylopectine déposées entre le début et la fin de la journée.
Le même constat peut être fait au sujet de l'édification des cernes dans le bois des arbres. La zonation est apparente en raison de l'hétérogénéité des constituants du cerne. Au printemps, au moment de la reprise d'activité du cambium, les vaisseaux ou trachéides formés ont un diamètre très supérieur à ceux qui apparai […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 24 pages…



