2. Histoire
La population rwandaise dépasse aujourd'hui 8 millions d'habitants, elle atteignait 6 millions dans les années 1980, 3 millions au début des années 1960, elle était déjà de 2 millions environ à la fin du xixe siècle et l'archéologie atteste un peuplement important dès le Ier millénaire. Les premiers documents européens écrits sur le Rwanda ne remontent qu'aux années 1860. Les sources orales permettent cependant de reconstituer une histoire politique depuis le xviie siècle. Mais l'histoire ancienne de cet espace repose sur des interprétations tirées de l'archéologie, de la linguistique et de l'étude des paléo-environnements, à l'échelle de l'ensemble de la région des Grands Lacs.
• Une histoire du peuplement ancienne et complexe
Après la succession des longues périodes préhistoriques, attestées par de nombreux sites à matériel lithique, on discerne dès le Ier millénaire avant notre ère la présence de populations relevant de plusieurs familles linguistiques : des groupes bantouphones du bassin du Congo et des groupes « soudaniques » ou « kouchitiques » des plateaux du haut Nil. Les premiers ont peu à peu imposé leur modèle, fondé sur une agriculture des lisières forestières et sur une maîtrise de la métallurgie du fer (attestée depuis au moins le viie siècle avant notre ère au Rwanda central et méridional), tout en intégrant l'expérience des seconds dans l'élevage du gros bétail (une espèce de bovins, dite Sanga, issue d'un croisement entre d'anciens taurins africains et le zébu) et dans la céréaliculture (sorgho et éleusine).
Les montagnes dominant les rives orientales des lacs Kivu et Tanganyika voient se développer au cours du Ier millénaire de notre ère une culture du « premier âge du fer », caractérisée par une unité linguistique (un parler dit « western lakes », ancêtre du kinyarwanda et du kirundi, langues actuelles du Rwanda et au Burundi), par des céramiques à « fossette basale » et à décors de type urewe et par cette synthèse agropastorale. Les travaux de linguistique histor […]
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