Le 9 août 2010, le président rwandais Paul Kagame est réélu pour un second mandat de sept ans. Il remporte une victoire écrasante en obtenant 93 p. 100 des suffrages. Les observateurs ne relèvent aucune irrégularité durant le processus électoral. Néanmoins, peu après l'annonce des résultats, un attentat à la grenade est perpétré dans la capitale, Kigali, faisant au moins sept blessés.
Les médias relient cette attaque avec les troubles qui ont ponctué l'année. Victoire Ingabire, Hutu rentrée d'exil, se porte candidate à l'élection présidentielle en janvier, mais elle est arrêtée en avril pour « association avec une organisation terroriste » et « propagation de l'idéologie du génocide ». Elle est rapidement relâchée, mais elle ne peut pas se présenter à l'élection. En février et en mars, plusieurs attentats à la bombe font un mort et plusieurs blessés à Kigali. Le gouvernement attribue ces violences aux milices Interahamwe, en majorité hutu, et au général Faustin Kayumba Nyamwasa, ancien chef des services secrets rwandais qui s'était enfui en Afrique du Sud, où il échappe à une tentative d'assassinat en juin. Les partis d'opposition dénoncent l'interdiction de diffusion qui frappe plus de trente médias, parmi lesquels le journal radical Umuvugizi, dont le rédacteur en chef adjoint Jean-Léonard Rugambage est assassiné en juin. Par ailleurs, le vice-président, issu du Parti démocratique vert, André Kagwa Rwisereka, est retrouvé mort à la mi-juillet. Bien que les autorités rwandaises nient toute implication dans ces meurtres, Amnesty International rapporte que certains chefs de l'opposition et des journalistes ont subi des tentatives d'intimidation et que plusieurs détracteurs du parti au pouvoir ont été agressés ou arrêtés.
Le président Kagame et le gouvernement du Front patriotique rwandais bénéficient néanmoins du large soutien de la population et reçoivent les éloges de la communauté internationale. Selon Transparency International (l'organisation de lutte contre la corruption), le Rwanda est l'un des États les moins corrompus d'Afrique de l'Est. Il a en outre réussi à instaurer une sécurité alimentaire quasi totale dans le pays et exporte même des denrées alimentaires vers le Burundi, la Tanzanie et la République démocratique du Congo. Il affiche par ailleurs une croissance économique de 6,2 p. 100 en juin, tandis que le secteur des services devance pour la première fois celui de l'agriculture.
Signe de la place grandissante qu'occupe le Rwanda sur la scène internationale, le président français Nicolas Sarkozy se rend le 25 février en visite officielle à Kigali, formalisant ainsi le dégel des relations diplomatiques. Il reconnaît que la France et la communauté internationale ont commis des « erreurs » durant le génocide des Tutsi de 1994, sans toutefois présenter d'excuses officielles.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



