3. Questions pour l'avenir
• Le retour de l'étatisme ?
Il y est pourtant parvenu et, particulièrement au long des années 2000, on l'a vu renforcer son rôle. Non seulement il a poursuivi son action législative, en mettant en place de nouvelles règles et en faisant adopter les réformes structurelles les plus délicates (fiscalité, système bancaire, droit de la terre, régime de retraite entre autres...), mais il est intervenu de plus en plus dans la vie économique. Pour une part, cette intervention peut être considérée comme banale – et souhaitable – : elle a consisté en effet à lancer des politiques publiques qui concernent la santé, le logement, l'agriculture et l'éducation. Elle vise également la rénovation et la modernisation des infrastructures, longtemps délaissées, des actions permises par les moyens nouveaux résultant de la conjoncture économique. L'État est encore dans un rôle classique lorsqu'il met au rang de ses priorités non seulement les institutions et les infrastructures, mais aussi l'innovation et l'investissement (les « quatre I », annoncés en 2008), et qu'il se fixe dans ce cadre des objectifs tels que la lutte contre le « nihilisme juridique », l'abaissement des barrières administratives et du poids des impôts, la construction d'un système financier solide... Mais d'une autre nature est le rôle direct qu'entend jouer l'État dans la restructuration industrielle, qui le pousse à l'animer par la formation de consortiums et de holdings dans des secteurs comme l'aéronautique, la construction de machines, l'automobile, la construction navale, où les entreprises publiques auront un rôle important à jouer. Il faut dire que la transition a eu des effets destructeurs considérables sur une grande partie du tissu industriel (il a vu ses effectifs baisser de plus de 30 p. 100 depuis 1990), comme elle en a eu également sur la science, la construction, l'agriculture, les transports, même si ces effets destructifs ont été compensés par des créations dans le commerce et les services, notamment la finance et la gestion. On est là néanmoins dans une perspective qui, sans pouvoir être appelée « renationalisation », pose la question de la limite que l'État se donne dans ce guidage.
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