Politique intérieure. En 2009, la Russie demeure gouvernée par un tandem inhabituel. L'année précédente, Vladimir Poutine, ayant effectué les deux mandats présidentiels consécutifs autorisés par la Constitution, a cédé la place au successeur qu'il a lui-même choisi, Dmitri Medvedev, et repris le poste de Premier ministre, en théorie investi d'un moindre pouvoir. L'équipe fonctionne selon toutes apparences globalement bien. Vladimir Poutine semble continuer à prendre les principales décisions stratégiques. Avec l'aide du premier vice-Premier ministre Igor Chouvalov, il supervise de fait le gouvernement et l'économie ; il conserverait par ailleurs le dernier mot pour les questions de politique étrangère et de sécurité. Le président Medvedev est certes très influent, mais les observateurs constatent qu'il reste entouré de collaborateurs désignés par le Premier ministre – presque aucun de ses conseillers n'a été choisi par ses soins. Il ne dispose par ailleurs pas des moyens nécessaires pour soutenir un projet de loi qui n'emporterait pas l'adhésion du chef du gouvernement. Le parti Russie unie, majoritaire à la Douma d'État (la Chambre basse du Parlement), demeure en effet fidèle à son dirigeant, Vladimir Poutine. Ces divers éléments confirment que le président Medvedev n'a pas le dernier mot en matière de politique étrangère ou intérieure.
Dmitri Medvedev envoie durant l'année plusieurs signaux suggérant qu'il souhaiterait orienter la Russie vers une voie plus libérale et réformatrice. Il ne cesse en effet de s'indigner contre la corruption qui gangrène la sphère publique, critique l'inefficacité de la bureaucratie et déclare que les interventions de l'État dans l'économie, nombreuses au cours des dernières années, ne devraient être que temporaires. En septembre, le président Medvedev publie en outre sur Internet un article intitulé « Russie, en avant ! », dans lequel il dresse une analyse d'une franchise surprenante concernant les défis que doivent relever la société et l'éc […]
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