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BANKS RUSSELL (1940- )

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2.  Une enfance meurtrie

Aîné de quatre enfants, Russell Banks a grandi à Barnhead, dans les terres froides du New Hampshire. Il vient d’une famille ouvrière, à la lisière de la pauvreté. Son père est plombier et alcoolique ; il a de brusques flambées de violence. Il joue aussi à l'occasion de la clarinette. Le reste du temps, il se montre maussade, dépressif. Ce père redouté, haï, aimé aussi, ce père à qui il a peur de ressembler, hante comme un spectre la vie de Russell Banks, qui a douze ans lorsque ses parents divorcent enfin. En 1958, Banks entre à l'université, qu'il quitte au bout de huit semaines : « gosse de fauchés », il est mal à l'aise parmi les « gosses de riches ». Il décide de partir pour Cuba rejoindre Fidel Castro. Ses ressources ne lui permettent pas d'aller plus loin que la Floride, où il vit quelque temps de petits boulots. Il voyage : dans le Yucatán, à la Jamaïque. Il se marie, a un fils. Il revient dans le New Hampshire où il travaille un temps comme aide-plombier auprès de son père. Puis il décide de reprendre ses études. En 1967, il obtient à l'université de Caroline du Nord un diplôme de littérature anglaise qui va lui ouvrir une carrière universitaire, à Sarah Lawrence puis à Princeton. De cette biographie, atypique dans le monde littéraire d'aujourd'hui, il en a évoqué quelques fragments dans le recueil intitulé ironiquement Success Stories (Histoire de réussir, 1986).

Paru au beau milieu des années Reagan, Continental Drift (Continents à la dérive, 1985) est un roman totalement à contre-courant de l'époque, un roman où il est ouvertement question de ce qui reste le grand non-dit de la société américaine : la lutte des classes, l'oppression sociale, la violence faite aux pauvres. Bob Dubois est réparateur de chaudières dans une petite ville industrielle de la Nouvelle-Angleterre aujourd'hui désertée par ses usines. La monotonie de sa vie, les soucis d’argent le font sombrer dans la dépression. Il décide d'aller chercher fortune au soleil de la Floride, nouvelle « frontière » du rêve américain. Là, ses projets tournent au fiasco. Il se retrouve capitaine d'un petit bateau qui fait de la contrebande. C'est ainsi que sa trajectoire croise celle d'une femme haïtienne qui, comme tant de boat people de l'époque, a fui la misère de son île, a été dupée par le passeur qui devait l'emmener jusqu'en « Amérique », a été violée à plusieurs reprises et n'a dû sa survie qu'au vaudou. 

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« BANKS RUSSELL (1940- ) » est également traité dans :

AMERICAN DARLING (R. Banks)

Écrit par :  André BLEIKASTEN

Depuis Au cœur des ténèbres, l'Afrique n'a cessé d'être le miroir grossissant qui renvoie à l'Occident le reflet de ses terreurs et de ses turpitudes. Le Liberia de Russell Banks n'est certes pas le Congo de Conrad, mais c'est toujours la même « horreur », comme finit par le découvrir l'héroïne d'American Darling (trad.… Lire la suite

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