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RUINES, esthétique

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4.  Les ruines comme thème du romantisme

Avec le temps, la réalité se charge d'avérer les prophéties des artistes ; dans ce sens, on peut dire que les tableaux de Monsù Desiderio « portent malheur », comme veut la légende. Car sa Destruction de Sodome anticipe d'un siècle le tremblement de terre de Lisbonne. Ce désastre (1755) et les fouilles d'Herculanum furent les deux événements qui tempérèrent l'imagination des hommes vers le milieu du xviiie siècle. Ces événements donnèrent l'actualité au thème des ruines avec lequel les artistes continuaient à jouer (au xviiie siècle la tradition du rovinismo compte des noms célèbres : Sebastiano Ricci, Bernardo Bellotto, Giovani Paolo Panini, Hubert Robert). Les esprits moins subtils virent comme origine des ruines la manifestation de la colère de Dieu ; ainsi le premier des « visionnaires » italiens du xviiie siècle, Alfonso Varano, en s'inspirant de textes de Voltaire et du père Norberto Caimo, chanta en monotones terzine, d'après le modèle de Dante (en réaction contre les langueurs de l'Arcadia), la catastrophe qui avait transformé une belle ville en un tas de décombres, comme exemple du sublime terrible : car le tremblement de terre était l'œuvre du plus sublime des agents, Dieu, dans sa juste réprobation des hommes. Mais des esprits plus délicats découvrirent, en présence de tels phénomènes, une sensation nouvelle, éprouvèrent un frisson, pas tout à fait désagréable, en face du spectacle de la beauté menacée et agacée : le poète Ippolito Pindemonte appelait cela : « quell'orror bello che attristando piace » (« cette belle horreur qui plaît tout en nous rendant tristes »). Ainsi, ces mêmes ruines que les artistes du xviie siècle avaient adoptées à cause de leur bizarrerie, les hommes du xviiie les choisirent comme dépositaires de leurs vagues aspirations vers l'infini et le passé, vers la beauté menacée par la mort. C'est alors l'apogée de ce courant qui avait fait une première apparition timide avec Du Bellay, Montaigne, le tragédien élisabéth […]

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BERCHEM ou BERGHEM NICOLAES PIETERSZ (1620-1683)

Écrit par :  Françoise HEILBRUN

… *Né à Haarlem, Nicolaes Berchem devient membre de la guilde de cette ville en 1642. Il meurt à Amsterdam où il s'était fixé depuis 1677. Il est un des peintres italianisants de la deuxième génération, celle de Both et d'Asselyn, de dix ans ses aînés. Comme ces derniers, il est allé très probablement en Italie, une première fois entre les années 1643… Lire la suite
DÉCADENCE

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DUPÉRAC ÉTIENNE (1530 env.-1604)

Écrit par :  Claude MIGNOT

… *Né à Paris, ou à Bordeaux, Étienne Dupérac part sans doute très jeune en Italie, où il va réaliser un œuvre gravé dont le catalogue comprend plus de cent vingt-deux numéros. Il débute à Venise, à une date mal déterminée, gravant une série de paysages proches de ceux des aquafortistes véronais (Battista d'Angolo del Moro, Battista Fontana). Vers… Lire la suite
GIRTIN THOMAS (1775-1802)

Écrit par :  Pierre GEORGEL

… *Formé auprès de l'aquarelliste Edward Dayes, dont l'œuvre est bien représentatif de l'agréable tradition topographique du xviiie siècle, le peintre anglais Thomas Girtin va révolutionner cette dernière. Vers la même époque, en copiant et en coloriant des gravures d'après Rubens, le Canaletto, Richard Wilson, John Robert Cozens,… Lire la suite
MONSÙ DESIDERIO (1re moitié XVIIe s.)

Écrit par :  Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE

… *On attribuait à un certain Monsù Desiderio un ensemble de tableaux représentant des paysages, des architectures imaginaires animées de figures fantomatiques — dont on savait, par des signatures ou des inscriptions au dos des toiles et par le témoignage de De Dominici, que l'auteur avait vécu à Naples dans la première moitié du xviieLire la suite
PIRANÈSE (1720-1778)

Écrit par :  Sylvia PRESSOUYRE

Dans le chapitre "Le graveur des antiquités romaines"  : …  le passé. Cependant, dès 1744, les Capricci, d'un « métier blond », sensible et brillant, *trahissaient un sentiment nouveau des ruines pittoresques, inspiré sans doute des Inventions de Jean-Laurent Legeay, pensionnaire à l'Académie de France depuis 1738 et dont l'action devait être déterminante sur les jeunes générations d'… Lire la suite
PITTORESQUE, art et esthétique

Écrit par :  Monique MOSSER

… *Si le mot pittoresque (de l'italien pittoresco) apparaît en France en 1708 (il ne fut admis par l'Académie qu'en 1732), il qualifie à l'origine « une composition dont le coup d'œil fait un grand effet », c'est-à-dire qui répond aux canons de l'harmonie classique (abbé Du Bos, Réflexions critiques sur la poésie et la peinture, 1719… Lire la suite
RESTAURATION, art

Écrit par :  Colette DI MATTEOPiero GAZZOLA

Dans le chapitre "La restauration en architecture"  : …  du Panthéon, où Bernin effectua des travaux qui modifièrent de façon sensible son aspect originel. *Au xviiie siècle se développa un goût esthétique et intellectuel, déjà présent dans la seconde moitié du xviie siècle, pour les « ruines » ; cela ne signifiait pas que l'on commençât à avoir à cœur de les… Lire la suite
RICCI MARCO (1676-1729)

Écrit par :  Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE

… *Parallèlement aux « védutistes » du xviiie siècle, Marco Ricci, neveu de Sebastiano, donne son autonomie au paysage vénitien. Il trouve une source d'inspiration à Venise, dans l'œuvre de Titien et dans les gravures de Campagnola, mais surtout hors de Venise, chez Micco Spadaro, Salvator Rosa et même Claude Lorrain. Magnasco lui… Lire la suite
ROBERT HUBERT (1733-1808)

Écrit par :  Georges BRUNEL

… *Artiste qui est à coup sûr l'un des principaux protagonistes du renouveau général de la peinture de paysage qui marque en France la seconde moitié du xviiie siècle. Hubert Robert se forma au cours d'un long séjour en Italie (1754-1765). L'intérêt pour la peinture de Claude Lorrain, qui se manifestait déjà chez un Joseph Vernet… Lire la suite
VÉDUTISTES

Écrit par :  Giuliano BRIGANTI

Dans le chapitre "Le rôle des Nordiques italianisés"  : …  dans ces paysages si nouveaux pour eux quelque chose qui irait au-delà de la simple règle formelle. *Ruines vues en tant que ruines, et non plus comme modèles capables de fournir un stimulant pour la renaissance des arts, mais comme des éléments essentiels du paysage romain. Il est logique que cette attitude réaliste, attentive et curieuse, née d'un… Lire la suite

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Paysage fantastique avec cascade et pont, P. Bril

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