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RUINES, esthétique

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3.  Les «  vedutisti », peintres de ruines

Des ruines de Rome figurent dans le fond des scènes de genre peintes par Pieter van Laer, dit le Bamboccio à cause de son physique disgracieux, et par ses disciples appelés Bamboccianti d'après le sobriquet de leur maître (par exemple dans la Mascarade de comédiens à Rome de Jan Miel, au Prado). Mais les ruines formèrent surtout un ingrédient de la peinture de paysage, laquelle pendant un siècle, de Paul Bril à Jan Frans van Bloemen, inonda l'Italie et l'Europe de paysages italiens typiques, dont on peut lire la recette dans le Groot Schilderbook (Grand Livre des peintres) de Gérard de Lairesse, qui explique l'art de placer dans un tableau des tombeaux anciens, des cénotaphes, des cippes : « Toutes ces choses distribuées avec intelligence et art ne peuvent manquer de produire un bon effet dans un site ouvert, pourvu qu'on ne les multiplie pas inutilement, et qu'on ne répète pas trop souvent la même chose. » Or c'est justement cela que font les peintres de paysages romains avec des ruines : ils groupent plusieurs monuments dans la même scène selon une sélection éclectique et répètent à satiété certains d'entre eux. Quelques-uns de ces vedutisti sont remarquables par la précision des détails, comme Lievin Cruyl, précurseur de Gaspard Van Wittel ; d'autres ne respectent aucunement la topographie, comme Willem van Nieulandt dans le Marché parmi les ruines du Campo vaccino ; d'autres encore, comme Tobias Veraecht, arrivent à donner un pot-pourri de motifs italiens, dans le genre des « caprices » des compositeurs modernes (Tchaïkovski, Charpentier, Stravinski ou Casella). Dans le Cortège burlesque de Veraecht, par exemple, on voit un cortège de carnaval, une sérénade, une agression, contre un arrière-plan où l'on reconnaît la façade du palais Farnèse, les colonnes du temple de Castor et Pollux, une fontaine semblable à celle de la place Navone, œuvre de Bernin, une basilique semblable à Santa Maria in Trastevere, la coupole de Saint-Pierre et les colonnes Tr […]

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BERCHEM ou BERGHEM NICOLAES PIETERSZ (1620-1683)

Écrit par :  Françoise HEILBRUN

… *Né à Haarlem, Nicolaes Berchem devient membre de la guilde de cette ville en 1642. Il meurt à Amsterdam où il s'était fixé depuis 1677. Il est un des peintres italianisants de la deuxième génération, celle de Both et d'Asselyn, de dix ans ses aînés. Comme ces derniers, il est allé très probablement en Italie, une première fois entre les années 1643… Lire la suite
DÉCADENCE

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DUPÉRAC ÉTIENNE (1530 env.-1604)

Écrit par :  Claude MIGNOT

… *Né à Paris, ou à Bordeaux, Étienne Dupérac part sans doute très jeune en Italie, où il va réaliser un œuvre gravé dont le catalogue comprend plus de cent vingt-deux numéros. Il débute à Venise, à une date mal déterminée, gravant une série de paysages proches de ceux des aquafortistes véronais (Battista d'Angolo del Moro, Battista Fontana). Vers… Lire la suite
GIRTIN THOMAS (1775-1802)

Écrit par :  Pierre GEORGEL

… *Formé auprès de l'aquarelliste Edward Dayes, dont l'œuvre est bien représentatif de l'agréable tradition topographique du xviiie siècle, le peintre anglais Thomas Girtin va révolutionner cette dernière. Vers la même époque, en copiant et en coloriant des gravures d'après Rubens, le Canaletto, Richard Wilson, John Robert Cozens,… Lire la suite
MONSÙ DESIDERIO (1re moitié XVIIe s.)

Écrit par :  Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE

… *On attribuait à un certain Monsù Desiderio un ensemble de tableaux représentant des paysages, des architectures imaginaires animées de figures fantomatiques — dont on savait, par des signatures ou des inscriptions au dos des toiles et par le témoignage de De Dominici, que l'auteur avait vécu à Naples dans la première moitié du xviieLire la suite
PIRANÈSE (1720-1778)

Écrit par :  Sylvia PRESSOUYRE

Dans le chapitre "Le graveur des antiquités romaines"  : …  le passé. Cependant, dès 1744, les Capricci, d'un « métier blond », sensible et brillant, *trahissaient un sentiment nouveau des ruines pittoresques, inspiré sans doute des Inventions de Jean-Laurent Legeay, pensionnaire à l'Académie de France depuis 1738 et dont l'action devait être déterminante sur les jeunes générations d'… Lire la suite
PITTORESQUE, art et esthétique

Écrit par :  Monique MOSSER

… *Si le mot pittoresque (de l'italien pittoresco) apparaît en France en 1708 (il ne fut admis par l'Académie qu'en 1732), il qualifie à l'origine « une composition dont le coup d'œil fait un grand effet », c'est-à-dire qui répond aux canons de l'harmonie classique (abbé Du Bos, Réflexions critiques sur la poésie et la peinture, 1719… Lire la suite
RESTAURATION, art

Écrit par :  Colette DI MATTEOPiero GAZZOLA

Dans le chapitre "La restauration en architecture"  : …  du Panthéon, où Bernin effectua des travaux qui modifièrent de façon sensible son aspect originel. *Au xviiie siècle se développa un goût esthétique et intellectuel, déjà présent dans la seconde moitié du xviie siècle, pour les « ruines » ; cela ne signifiait pas que l'on commençât à avoir à cœur de les… Lire la suite
RICCI MARCO (1676-1729)

Écrit par :  Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE

… *Parallèlement aux « védutistes » du xviiie siècle, Marco Ricci, neveu de Sebastiano, donne son autonomie au paysage vénitien. Il trouve une source d'inspiration à Venise, dans l'œuvre de Titien et dans les gravures de Campagnola, mais surtout hors de Venise, chez Micco Spadaro, Salvator Rosa et même Claude Lorrain. Magnasco lui… Lire la suite
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Écrit par :  Georges BRUNEL

… *Artiste qui est à coup sûr l'un des principaux protagonistes du renouveau général de la peinture de paysage qui marque en France la seconde moitié du xviiie siècle. Hubert Robert se forma au cours d'un long séjour en Italie (1754-1765). L'intérêt pour la peinture de Claude Lorrain, qui se manifestait déjà chez un Joseph Vernet… Lire la suite
VÉDUTISTES

Écrit par :  Giuliano BRIGANTI

Dans le chapitre "Le rôle des Nordiques italianisés"  : …  dans ces paysages si nouveaux pour eux quelque chose qui irait au-delà de la simple règle formelle. *Ruines vues en tant que ruines, et non plus comme modèles capables de fournir un stimulant pour la renaissance des arts, mais comme des éléments essentiels du paysage romain. Il est logique que cette attitude réaliste, attentive et curieuse, née d'un… Lire la suite

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Paysage fantastique avec cascade et pont, P. Bril

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