2. La période baroque
C'est l'art baroque qui a renouvelé le thème des ruines. L'esthétique baroque, qui substitua au principe de l'harmonie le principe du contraste (d'où jaillissait le concetto, l'agudeza, le mot d'esprit), créa aussi une nouvelle catégorie du beau, le bizarre ; et, de même que dans la poésie, on trouvait piquant de chanter les louanges de la vieillesse, et on voyait un je ne sais quoi de charmant dans la difformité, en tirant parti des défauts pour en faire des appas (il suffit de citer une phrase du chef-d'œuvre de ces compositions, The Autumnal de John Donne : « Ne veuillez pas appeler celles-là [les têtes des femmes âgées] des vivantes têtes de mort, car elles ne sont pas vieilles, mais antiques », ce qui rapproche le motif de la beauté fanée du thème des ruines) ; ainsi, dans la sculpture, on découvrit de la grâce dans ce qui est terrible, voire dans cet emblème de la mort qu'est le squelette, et, en peinture, on commença à introduire dans les paysages la ruine comme un élément piquant, soit comme pure et simple ruine, soit comme illustration du motif « Et in Arcadia ego », qui, à travers la méditation sur la fin de toute chose en ce monde, préluda à la sensibilité romantique.
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