5. Les riches heures de l'Opéra de Paris
Rudolf Noureev dirige le ballet de l'Opéra national de Paris de 1983 à 1989. Ce sont des années fastueuses et tumultueuses, où la star galvanise une troupe de 150 danseurs réticents au départ, avec une programmation balayant tout le spectre de la danse (du baroque à William Forsythe, de Jerome Robbins à Lucinda Childs, Paul Taylor, Alvin Nikolaïs, Anthony Tudor....), sans omettre l'entrée au répertoire des grands ballets de Petipa qu'il a repris. Il engendre une génération de danseurs remarquables (Sylvie Guillem, Isabelle Guérin, Laurent Hilaire, Manuel Legris, Monique Loudières, Elisabeth Maurin, Elisabeth Platel...) qu'il révèle au monde lors de grandes tournées à l'étranger. Mais, lorsque Noureev, trop souvent absent, accepte de se produire dans une comédie musicale aux États-Unis, l'Opéra de Paris, en 1989, ne prolonge pas son contrat.
Se sachant porteur du virus du sida (1984), Noureev répond à la maladie par une suractivité. À la faveur de la perestroïka mise en place par Gorbatchev, il revient en 1987 dans son pays pour revoir sa mère à Oufa. Puis en 1989, à Léningrad, il danse sur la scène du Kirov après vingt-huit ans d'exil. Cette même année, il triomphe aux États-Unis, dans la comédie musicale King and I (musique de Richard Rodgers, créée en 1951). Mais, en 1991, son apparition comme chef d'orchestre en Autriche, avant l'Italie, est jugée sévèrement. Le 8 octobre 1992, il présente la version intégrale de La Bayadère à l'Opéra de Paris, et salue son public pour la dernière fois. Il meurt trois mois plus tard, le 6 janvier 1993, et est inhumé au cimetière russe de Sainte-Geneviève des Bois (Essonne). Sa tombe, vive et colorée, est recouverte, depuis 1996, d'un original kilim en mosaïque de Ravenne.
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