4. Un chorégraphe académique
Auteur de quelques ballets peu convaincants – Tancrède (musique de Hans-Werner Henze, 1966) Manfred (musique de Tchaïkovski, 1979), La Tempête (musique de Tchaïkovski, 1982), Washington Square (Musique de Charles Ives, 1985) – Noureev remonte surtout des œuvres de Petipa : le troisième acte, en 1963, puis l'intégrale de La Bayadère en 1992, Raymonda et Le Lac des Cygnes en 1964, Don Quichotte et La Belle au bois dormant en 1966, Casse-Noisette en 1967. Se donnant pour devoir de « transmettre » ce répertoire franco-russe conservé en Russie mais oublié en Occident, il relit ces œuvres avec un mélange de lyrisme et d'académisme, tout en leur insufflant une dimension tourmentée qui comporte de fortes références freudiennes (Le Lac, Casse-Noisette). Avec Roméo et Juliette, en 1977, et Cendrillon, en 1985, sur des musiques de Prokofiev, Noureev montre des prédispositions de metteur en scène, très influencé par le cinéma (il filmera d'ailleurs lui-même deux de ses ballets, Don Quichotte, en 1973, et Casse-Noisette, en 1988). Dans toutes ces œuvres, Noureev développe considérablement les rôles masculins et use d'un style chorégraphique complexe et frénétique qui nécessite des interprètes de haut niveau technique.
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