3. Un danseur planétaire
Pour sa première tournée américaine avec Fonteyn et le Royal Ballet, en 1965, Noureev paraît en couverture de Time et Newsweek, évènement inédit pour un danseur. À l'ère du star-system, celui que l'on surnomme le Membre senior des Rolling Stones, tant sa renommée est grande en Grande-Bretagne, devient une vedette incontournable des soirées mondaines comme des émissions de télévision les plus populaires. Symbole d'une jeunesse libre et rebelle, le voici devenu l'idole d'une jeune génération occidentale, attirant de nouveaux spectateurs pour le ballet dans des lieux inédits (palais des sports, stades, etc).
Noureev plaît d'autant plus à un public de néophytes qu'il lui montre une autre manière de danser. Ses débuts tardifs lui ayant évité de s'enfermer précocement dans certains carcans, il transgresse les codes d'un art épris de conservatisme et l'ouvre à la sensualité et à l'érotisme, usant d'une poésie lyrique proche d'une danse plus féminine, qu'il revendique ouvertement. Dans le même temps, il possède les attributs d'un grand danseur classique : puissance du mouvement, attaque, bravoure des sauts, force de ses « portés ». Au final, cette androgynie choque les puristes, mais séduit un public renouvelé. Un inextinguible besoin de la scène amène Noureev à assurer jusqu'à 250 soirées par an, et à multiplier les rôles (plus de 120), les théâtres, les partenaires, les prestations dans les compagnies qui l'invitent (Royal Ballet de Londres, Scala de Milan, Opéra de Paris, Ballet royal danois, suédois, hollandais, Ballets de Zurich, Nancy, Berlin, Vienne, Rome, Boston, London Festival Ballet, Scottish Ballet, Ballet national du Canada, Australian Ballet.....). Omniprésent, il crée aussi son propre groupe, le Nureyev and Friends, qui sillonne le monde de 1974 à 1991.
« Tel un assoiffé qui voulait boire du savoir », comme il l'écrit dans son autobiographie (1962), Noureev s'intéresse à tous les styles de danse, non sans difficultés. Interprète idéal des ballets de Marius P […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages…



