Né le 8 juin 1942 à Krefeld en Allemagne, Rudiger Dornbusch s'oriente très rapidement vers des études d'économie. Après avoir obtenu un Ph. D. (l'équivalent du doctorat) à l'université de Chicago, il devient chercheur et enseignant. Il appartient à une génération marquée successivement par les enthousiasmes que suscite la victoire de Kennedy et par les déceptions qu'engendre la guerre du Vietnam. La politisation ambiante le conduit vers la macroéconomie et la réflexion sur le rôle économique de l'État plutôt que sur les études fines de microéconomie.
Ses travaux, commencés à l'atelier de commerce international de Chicago et prolongés au M.I.T. (Massachusetts Institute of Technology) à Boston où il enseigne à partir de 1975, portent essentiellement sur la politique économique et principalement sur la politique de change. Son nom est d'ailleurs systématiquement associé à une branche de l'économie appelée la théorie macroéconomique des économies ouvertes.
Un fondateur de la « macroéconomie ouverte ». Il acquiert la notoriété en 1976 grâce à un article consacré aux changes flottants qu'il publie dans le Journal of Political Economics. 1976 est l'année du sommet monétaire de la Jamaïque. Les principaux membres du système monétaire international établi en 1944 à Bretton Woods sont réunis pour tirer les conclusions des crises à répétition que connaît le système depuis 1968. Les points culminants de ces crises ont été l'abandon de la convertibilité or du dollar en août 1971 et l'abandon des changes fixes en 1973. Le sommet de 1976 est censé stabiliser la situation. Il décide de confirmer la disparition de l'or en tant que référence monétaire et de maintenir momentanément le système de changes flottants, de façon à laisser le marché déterminer la parité de chaque devise. C'est cet espoir que Dornbusch critique dans son article. En effet, analyse-t-il, la valeur externe d'une monnaie est théoriquement connue et il est inutile de prétendre la trouver par le mécanisme de marché. […]
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