L'expérience britannique, qui se déroule depuis quelque trois mille ans au large de l'Europe, est unique dans l'histoire en ce qu'elle est aussi rigoureusement limitée dans ses dimensions géographiques qu'indéfinie dans ses dimensions humaines. La terminologie qui sert à le décrire reflète cette contradiction.
L'Angleterre n'est qu'une des quatre nations qui, avec l'Écosse, le pays de Galles et l'Irlande, se partagent les îles Britanniques – en admettant que la Cornouailles et l'île de Man ne constituent point des nations distinctes. Le Royaume-Uni et la république d'Irlande sont les deux seuls États souverains, mais pour désigner leurs ressortissants, si l'on peut parler d'Irlandais, il n'y a pas de nom correspondant aux « Royaume-Uniens ». Ils s'appellent eux-mêmes Britanniques, ce qui est trop, puisque l'Irlande est aussi une île britannique, et les étrangers s'obstinent à les appeler Anglais, ce qui est manifestement insuffisant. À la rigueur, on pourrait prétendre que les Britanniques sont les habitants de la Grande-Bretagne, mais cela laisserait hors de cause les Irlandais du Nord qui font partie du Royaume-Uni et qui se considèrent soit comme irlandais, soit comme a […]
