3. Le centre du système : le Premier ministre
Pour Bagehot, la Grande-Bretagne était dotée d'un « gouvernement de cabinet », ce qui impliquait que le cabinet dirigeait collectivement la politique de la nation. Juridiquement, c'est encore le cas aujourd'hui, mais, dans la pratique, ce n'est plus le cabinet qui est au centre du processus de décision gouvernemental mais le Premier ministre et quelques ministres qui, selon leurs fonctions ou leur autorité, sont plus « égaux » que les autres.
Leader élu du parti qui « gagne » les élections, il tire sa légitimité du suffrage universel, d'autant que la personnalité du leader et la confiance qu'ont en lui les électeurs jouent un rôle déterminant sur l'issue du scrutin. Mais il n'est pas seulement un chef de gouvernement parlementaire, il exerce aussi en pratique les pouvoirs liés à la prérogative royale.
Son premier pouvoir est la formation du gouvernement, qui comporte un cabinet, composé des principaux ministres (entre 22 et 26), le reste étant composé de ministres d'État et de sous-secrétaires d'État, adjoints des ministres du cabinet, soit environ 120 personnes, dont une centaine de députés. En fait, sa liberté de choix dépend de l'importance de sa majorité parlementaire. Avec une majorité ample, cette liberté est grande ; elle l'est beaucoup moins quand sa majorité est étroite, car il doit avant tout sauvegarder l'unité de son parti, en veillant à ce que toutes les tendances soient bien représentées.
La présidence du cabinet est la deuxième source d'autorité du Premier ministre, grâce aux pouvoirs d'arbitrage qu'elle comporte, d'autant qu'il contrôle l'ordre du jour des réunions plénières, préparé par le secrétaire du cabinet – qui est aussi le chef de la fonction publique (Civil Service) – en étroite collaboration avec son « secrétaire privé ». Dans cette fonction, il dispose des services du 10 Downing Street (Prime Minister's Office) qui n'ont cessé de s'étoffer depuis Wilson et, dans une moindre mesure, du Cabinet Office, quoiqu […]
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