5. La crise du Commonwealth et les survivances contemporaines
Au cours des années 1960, les risques de scission se multiplient et les solidarités entre anciens partenaires de l'empire diminuent considérablement.
• Les nouvelles incertitudes
La cohésion est d'autant plus difficile à maintenir que nombre d'États accèdent à l'indépendance. De la Barbade à la Jamaïque, du Kenya au Malawi, de Malte à l'île Maurice, de Singapour à la Tanzanie, à l'Ouganda, à la Zambie, sur tous les continents, dans tous les océans, on passe, tantôt sans transition, tantôt après une étape d'autonomie, à la pleine souveraineté. Le mouvement est irrésistible et il se poursuit ensuite dans les plus minuscules territoires, de la Grenade en 1974 aux Seychelles deux ans plus tard, aux Nouvelles-Hébrides (Vanuatu) en 1980, à la Rhodésie du Sud (Zimbabwe) en 1980. Tous ces États n'adhèrent pas nécessairement au Commonwealth : tel est le cas de la Somalie et d'Aden par exemple, respectivement en 1960 et en 1967, mais douze nouveaux membres avec une population totale de 5 millions d'habitants adhèrent dans les années 1970. Certains n'y demeurent pas. Parmi ceux qui partent, l'Afrique du Sud représente un cas particulier. La politique d'apartheid du dominion était devenue, en 1960, une cause de tensions permanentes dans l'organisation. Les États du Tiers Monde et d'autres, proches de leur indépendance, jugeaient haïssable la coexistence avec l'archétype de l'État raciste. Pour les Anglais les plus attachés à la tradition et les plus sensibles à des solidarités historiques et économiques avec un des plus anciens dominions, l'alternative se dessinait de plus en plus clairement : conserver l'Afrique du Sud dans le Commonwealth, c'était faire le choix du départ ou de la non-adhésion de beaucoup d'autres ; l'exclure offrirait la chance de nouvelles adhésions. C'est ce que Harold Macmillan, Premier ministre conservateur, se charge de dire devant le Parlement du Cap en février 1961 dans son célèbre discours du « vent du cha […]
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