7. L'Angleterre édouardienne
Prolongée jusqu'en 1914 par les premières années du règne de George V, l'Angleterre édouardienne tire son nom du bref règne d'Édouard VII (1901-1910). Elle correspond à la Belle Époque en France, impression de l'après-guerre, mais qui tient aussi à la relève, sur le trône, d'une reine vieille et moralisante par un souverain renommé pour son goût des plaisirs et des loisirs. Ses sujets ont de fait connu, dans le début du xxe siècle, les joies du music-hall, alors à son apogée, l'essor des sports professionnels de masse, l'âge premier de l'automobile et de la bicyclette, les joies de la lecture avec l'étonnante croissance de la presse populaire à sensation, à quoi s'ajoutent les effets sans cesse plus visibles de la révolution commerciale interne. Sur beaucoup de points, les tendances antérieures se prolongent. Les libéraux « radicaux » sont parvenus au pouvoir en 1906, en partie grâce à leur foi libre-échangiste. La démocratisation continue, marquée en 1911 par la loi sur le Parlement, qui réduit singulièrement le pouvoir des Lords, dont le veto sur les lois non financières n'est plus que de deux ans (un mois pour les lois de finance) ; le même texte instaure l'indemnité parlementaire et fixe à cinq ans la durée maximale d'une Chambre des communes. Par contre, le Parti libéral au pouvoir refuse d'aller plus loin et, malgré les violences des suffragettes dirigées par Emmeline Pankhurst, n'accorde pas aux femmes l'égalité civique. Le socialisme d'État brille de ses plus beaux feux, avec les grandes lois sur la journée de huit heures dans les mines, sur les pensions de vieillesse et surtout, en 1911, sur les assurances nationales dans le secteur industriel exigeant une participation croissante du Trésor, d'où le budget « du peuple » de 1909 présenté par Lloyd George, prévoyant une modeste progressivité de l'impôt sur le revenu (instauré en 1842) ; il est repoussé par les lords, pour leur malheur. Ces innovations entendent satisfaire un Parti travailliste né en 1906, e […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 64 pages…



