1. Le temps des Celtes et des Romains
Avant l'arrivée des Romains, la Grande-Bretagne n'est pas véritablement entrée dans l'histoire : il appartient aux archéologues d'aujourd'hui de compléter les renseignements prodigués par les conquérants et leurs successeurs. On a clairement établi que l'Angleterre avait connu une préhistoire très riche, dont les phases sont en partie liées à la venue de groupes plus ou moins nombreux d'immigrants du continent. D'audacieuses extrapolations ont fixé à quelques milliers le nombre des hommes à l'âge paléolithique, à une vingtaine de mille celui des Britanniques du Néolithique, à une large « fourchette » de cinquante à cinq cent mille la population à l'âge du fer. On a mis en évidence l'existence de peuples de chasseurs et de nomades il y a quelque quatorze mille ans, reconnu la naissance de l'agriculture près de quatre mille ans avant notre ère, souligné l'importance de premiers établissements dans le Sud-Ouest, en Cornouailles et dans le Wiltshire, étudié les strates successives du site majeur de Stonehenge, dans ce dernier comté, depuis trois mille ans avant J.-C. jusqu'à l'arrivée des Romains, et fait apparaître la diversité des civilisations révélées par les coutumes funéraires et les objets dans les tombes.
Répartis en tribus au ier siècle avant notre ère, dont les Trivonantes au nord de la Tamise et les Brigantes dans les Pennines et au nord de l'Angleterre, tantôt dispersés entre des fermes, tantôt réunis en villages, les habitants étaient alors devenus des agriculteurs de qualité, des artisans capables de tisser des étoffes de valeur et de fabriquer une poterie bien décorée ; leurs sociétés étaient ouvertes vers l'extérieur, comme en témoignent des importations de vin de la Méditerranée.
La toponymie favorise les tentatives d'établissement d'une carte de la Grande-Bretagne celtique : nombreux sont les noms gaéliques en Cornouailles ; on citera aussi des rivières et fleuves (Mersey, Severn, Tamise), des noms de cités comme Leeds. Les Romains, qui, avec […]
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