5. Un paysage urbain recomposé
• Urbanisation et réseaux urbains
Comme le laisse supposer sa densité moyenne, le Royaume-Uni est un pays exceptionnellement urbanisé. Dans la mesure où les définitions de l'espace urbain (qui mêlent usage des sols et densité de peuplement) diffèrent d'un organisme à l'autre, d'une nation à l'autre et d'un recensement à l'autre, les estimations quantitatives peuvent elles aussi varier. Toutefois, selon les critères retenus pour le recensement de la population de 2001, et hors Irlande du Nord, les espaces urbanisés ne représentent que 8,9 p. 100 de la Grande-Bretagne mais regroupent 80 p. 100 de la population. Plus précisément, 40 p. 100 des ménages britanniques, soit un tiers de la population totale, résident dans l'une des dix premières aires urbaines (urban areas) du pays, qu'on doit distinguer des municipalités, entités purement administratives aux territoires beaucoup moins étendus. Ces grandes agglomérations, certaines millionnaires et même multimillionnaires, sont parfois peu distantes les unes des autres et reliées par un réseau autoroutier très dense, au point de donner de certaines régions l'impression qu'elles ne sont guère que de vastes conurbations.
Historiquement, une bonne partie du réseau urbain britannique, en tout cas anglais, est héritée des villes et garnisons romaines mises en place pour contrôler les voies commerciales. Le reste est lié à la géographie des sites portuaires les plus favorables et/où à la géographie des ressources naturelles qui a commandé l'implantation et le développement des grandes villes industrielles aux xviiie et xixe siècles. Pour certaines cités, leur existence tient des deux facteurs. C'est par exemple le cas de Manchester, où on peut encore observer les vestiges du mur d'enceinte romain mais dont l'explosion démographique est intervenue au moment de l'essor de l'industrie textile (bien amorcé dès le xviiie siècle) à laquelle elle doit son surnom de Cottonopolis.
Du fait de la division du pays en sous-unités nationales […]
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