4. Une nouvelle économie, de nouveaux territoires
Exposée à une concurrence internationale croissante et à de lourds handicaps structurels, l'économie britannique de la fin des années 1960 a été complètement refondée sur la base d'une philosophie néolibérale pleinement assumée par des gouvernements conservateurs volontaristes. Pour autant, un certain nombre des éléments de cette économie dorénavant postindustrielle n'ont rien d'inédit. C'est vrai en particulier de sa grande ouverture au reste du monde ou des spécialisations productives régionales très marquées.
• Les mutations de l'outil industriel
Figurant au rang de 3e économie mondiale en 1945 et, par exemple, de première puissance textile, le Royaume-Uni a bénéficié du « long boom » (l'équivalent des Trente Glorieuses en France) pour développer encore son tissu industriel. Cette période faste n'efface pourtant pas les nombreux handicaps structurels de l'économie britannique (déficit commercial, faiblesse des investissements industriels, faible productivité, etc.) qui se muent peu à peu en difficultés insurmontables. Celles-ci sont bien illustrées par la rapide érosion de la part du Royaume-Uni dans le commerce mondial des produits manufacturés qui passe de 25,5 p. 100 en 1950 à 16,5 p. 100 dix ans plus tard et à tout juste 10 p. 100 en 1970. D'ailleurs, souffrant de sous-investissement, peu compétitif et insuffisamment rentable, le secteur industriel est souvent présenté comme le point faible de l'économie nationale. Dès les années 1960, les signes de faiblesse se multiplient et c'est pour tenter d'en limiter les contrecoups que l'État procède à la nationalisation de pans entiers de l'industrie, automobile avec British Leyland (futur Rover) et Rolls-Royce, ou sidérurgique avec British Steel.
Malheureusement, les années 1970 confirment l'inexorable déclin de l'industrie britannique, dont le nombre d'emplois passe de 8,5 millions en 1966 à 7,4 millions en 1979. Plus encore, une conjoncture désastreuse et la mise en œuvre rigoureuse d'une politique néolibérale (abandon des aides publiques aux entreprises en difficulté, privatisations, politique monétariste pesant sur […]
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