3. Concilier avenir et rigueur
Si les principaux handicaps du Royaume-Uni, au début de la décennie de 1990, étaient d'ordre macro-économique (inflation et chômage structurellement élevés), les réformes structurelles entreprises pendant près de vingt ans ont transformé le champ économique, social et politique de ce pays. Cependant, la résistance de l'économie, extrêmement dépendante de l'activité du secteur des services a été limitée lors de la crise financière de 2007-2008. Aux nombreux défis préexistants, notamment ceux liés à la cohésion sociale et aux infrastructures s'ajoutent désormais un défi budgétaire et financier de premier ordre.
• Vers la rigueur budgétaire
À la suite de la défaite des travaillistes lors des élections de 2010, le nouveau Premier ministre conservateur, David Cameron, hérite d'une situation économique difficile. La croissance est en berne et la situation budgétaire révèle, à la fin de 2010, un déficit public de près de 12 p. 100 du P.I.B, soit l'un des taux les plus élevés des pays de l'O.C.D.E. La situation est telle que certaines agences de notation ont émis l'hypothèse d'une dégradation de la note AAA sur les titres de la dette du Royaume-Uni. Dans ce contexte, la marge de manœuvre du gouvernement est étroite. En effet, avec une dette publique totale portée à environ 65 p. 100 du P.I.B à la fin de 2010, contre un plus bas de 33,5 p. 100 en 1999, la question budgétaire a fait son retour dans le débat public outre-Manche tout comme celle de la protection sociale. Un programme de réduction des dépenses publiques a été enclenché pour atteindre un objectif de déficit inférieur à 3 p. 100 du P.I.B en 2015. La nouvelle équipe au pouvoir s'est dotée d'un Office for Budget Responsability (O.B.R.), censé guider les choix en matière budgétaire. Le budget 2011 annonce un plan de rigueur d'une ampleur inégalée : près de 95 milliards d'euros de baisse des dépenses publiques (suppression de 600 000 emplois dans la fonction publique sur cinq ans) et près de 35 milliards de hausse d'impôts (hausse de la T.V.A et des cotisations sociales, création d'un nouvel impôt sur les banques).
Après la crise financièr […]
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