1. Une nouvelle économie britannique depuis les années 1980
Les décennies de 1980, de 1990 et de 2000 ont considérablement transformé une économie britannique très affaiblie par les politiques de « stop and go » menées au cours des années 1970. Sous l'effet d'une tertiarisation progressive de l'économie et grâce à une croissance beaucoup plus régulière depuis le milieu des années 1990, le Royaume-Uni a particulièrement bien réussi sa lutte contre l'inflation et le chômage.
• Une économie à contre-courant ?
Une relecture du cycle économique britannique depuis la fin des années 1970 permet de distinguer des phases de croissance et de récession beaucoup plus marquées que dans les autres pays de l'O.C.D.E. À la phase de récession de 1979-1981, marquée par une baisse du P.I.B. de 3,6 p. 100, une augmentation du nombre de chômeurs de près de 1 million et par l'échec cuisant de la maîtrise de l'inflation (20 p. 100 en moyenne annuelle), a succédé une phase d'euphorie de 1983 à 1988, au cours de laquelle les déséquilibres budgétaire et monétaire ont été vaincus et où le chômage a commencé à diminuer (tabl. 1 et 2). À la suite de la récession du début des années 1990, le Royaume-Uni va connaître de 1992 à 2007 un rythme annuel de croissance moyen de 2,8 p. 100, marqué par 54 trimestres consécutifs de croissance ininterrompue et accompagnée d'une faible amplitude cyclique. Ce chiffre reste largement supérieur aux performances de la zone euro au cours de la période (2,2 p. 100). Toutefois, la crise économique et financière de 2007-2008 comportera également une « singularité » britannique. En effet, avec un recul de près de 5 p. 100 du P.I.B en 2009, l'économie du Royaume-Uni connaît son recul le plus marqué depuis les années 1930 et une sortie de crise plus lente que celle de ses partenaires commerciaux, États-Unis et pays de la zone euro.
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