3. La culture et l'acculturation
L'ethnologue allemand Leo Frobenius disait des gens du Kongo qu'ils sont « civilisés jusqu'à la moelle des os ».
• Les savoirs
L'éducation kongo est un lent processus qui s'accompagne de changements de situation ou de modifications provoquées de la personnalité. L'initiation permet d'accéder à la plénitude sociale. Plus sommaire dans le cas des filles, elle vise à les rendre propres au mariage et à l'accomplissement des charges domestiques. Plus complexe dans le cas des garçons, elle intervient chaque fois que la communauté éprouve le besoin d'assurer son renforcement, de restaurer les assises de la société en soumettant une génération nouvelle aux contraintes de la tradition et du sacré. La communauté assure sa remise en état en faisant « naître », selon ses normes, les jeunes gens que l'initiation modèle. La plus connue de ces procédures initiatiques est celle du Kimpasi, répandue dans la zone orientale du royaume du Kongo. Les souverains n'ont pas négligé cette institution efficace, et l'un d'eux, Antonio Ier (1661-1665), y fait allusion dans la liste de ses titres honorifiques.
L'initiation est généralement la condition nécessaire à l'apprentissage d'une fonction spécialisée : celle des « devins et magiciens », selon la formule des anciens auteurs. Ces derniers, « qui ont leurs écoles », sont désignés par le terme nganga qui implique une forme de connaissance et la maîtrise des techniques la mettant en application. La plupart de leurs interventions ont un caractère thérapeutique, et elles associent le traitement magique ou mystique au traitement mécanique et chimique. Les techniques matérielles nécessitent également un apprentissage, la connaissance des procédés et des règles du métier, des symboles et des pratiques que celui-ci régit. Et certains métiers, dont celui de forgeron en première place, se situent entre la compétence des nganga et le savoir-faire des gens de l'art.
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