C'est sans doute le plus illustre poète sud-africain (il est né à Durban, dans le Natal) que Roy Campbell, fils de médecin et personnage « original » s'il en fut. Après une tentative pour s'engager comme fantassin à l'âge de quinze ans, pendant la Première Guerre mondiale, il échoue à Oxford, puis voyage en France et en Espagne. Marié en 1922, il passe quelques années au pays de Galles, pêcheur et poète : La Tortue flamboyante (The Flaming Terrapin, 1924), long poème symbolique, est accueilli avec enthousiasme. De retour en Afrique du Sud, il rencontre, comme directeur du journal trop frondeur Voorslag, une hostilité qui est cause de son départ et de la publication d'une satire vengeresse, La Foire des primitifs (The Wayzgoose, 1928). Il s'établit à Martigues, pêcheur mais surtout jouteur professionnel (1928-1933) et toujours poète : les pièces qui composent Adamastor (1930) sont emportées par un lyrisme romantique et un élan verbal exceptionnels dans la poésie moderne. Campbell mérite pleinement le titre de « Byron de notre temps » ; la fougue de son tempérament se reflète dans sa double conversion au catholicisme et au roya […]
