2. Vie économique
En 1990, l'économie exsangue héritée de Ceauşescu ne peut opérer son rétablissement. Le gouvernement de Petre Roman n'est pas en mesure de moderniser un appareil de production qui a pris vingt ans de retard, les investissements ayant été sacrifiés à la volonté obsessionnelle du dictateur d'éliminer l'endettement extérieur. Les atermoiements du nouveau pouvoir contribuent à cette carence. Le 18 octobre, devant l'urgence, des décisions sont prises. La monnaie est à nouveau dévaluée, de 75 p. 100. Les prix de détail augmentent de 100 à 120 p. 100, mais certains restent bloqués. Le pays s'ouvre au capital étranger.
En 1991, le pays subit les conséquences des réformes entreprises en vue d'une adaptation à l'économie de marché. Les prix augmentent plus que les salaires ; la production industrielle paraît encore en pleine désorganisation. Le mécontentement populaire se nourrit de ces difficultés. En février, le Parlement adopte une loi de dédommagement des personnes dont les terres avaient été confisquées par le précédent régime. En mars, le gouvernement accorde à la banque centrale des pouvoirs qui lui permettront de mener de façon indépendante la politique monétaire. En avril, un impôt sur le revenu des ménages est créé. En juillet, une loi sur les privatisations est adoptée. Après la révolte des mineurs en septembre, un gel des prix est annoncé pour les produits de première nécessité. La ligne de réformes à marche forcée prônée par Petre Roman est abandonnée.
En 1992, le gouvernement poursuit l'évolution « à petits pas » vers l'économie de marché. Le 1er mai, 25 p. 100 des subventions concernant les prix des produits et services de base sont éliminées, dans le cadre d'un programme de libéralisation qui s'étale sur quatre ans. Des mesures de libération des taux d'intérêt et du marché des changes sont prises. Le gouvernement s'efforce d'accélérer les privatisations. Les bons résultats économiques de l'année valent à la Roumanie la faveur des institutions multilatérales.
[…]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 8 pages…



