3. Un dirigeant autoritaire
Convaincu du caractère exemplaire de sa mission, certain d'agir dans les voies de Dieu pour l'instauration du bien sur la terre, Khomeyni laisse ses partisans éliminer tous ses adversaires, lance des appels aux musulmans du monde entier pour la création de républiques islamiques, notamment en Irak où le régime laïque de Saddam Hussein accueille les opposants iraniens. La guerre déclenchée par les Irakiens, qui espèrent profiter des difficultés de l'Iran, aboutit en fait à resserrer la population iranienne autour de Khomeyni au nom du nationalisme persan, mais apporte pendant sept ans un cortège d'horreurs et de misère, sans que Khomeyni accepte la moindre ouverture de négociations de paix jusqu'au moment où, malade, il ne peut empêcher la conclusion d'un cessez-le-feu.
Il semble bien qu'à la fin de sa vie Khomeyni n'ait plus eu une vision très claire non seulement de l'avenir de l'Iran, mais aussi des structures destinées à poursuivre sa politique, en même temps qu'il vise à renforcer le caractère absolutiste de son pouvoir, il multiplie les créations de commissions de gestion de l'État afin de jouer un rôle d'arbitre dans les dissensions qui naissent au sein des milieux dirigeants. Peu de temps avant sa mort, il s'affirme encore guide spirituel en approuvant la condamnation à mort de l'écrivain Salman Rushdie, coupable à ses yeux d'offense envers le Prophète et la religion musulmane.
Khomeyni meurt le 3 juin 1989, et ses obsèques, le 6 juin, donnent lieu aux manifestations délirantes de millions d'Iraniens, ce qui n'est pas sans rappeler l'ambiance qui avait régné au Caire lors des obsèques de Nasser : l'un comme l'autre, dans des registres différents, ont fait œuvre de rassembleur de leur peuple, lui apportant espoir, succès temporaires, mais aussi des lendemains de déception.
Chef religieux et chef politique, Khomeyni apparaît surtout comme un homme du passé ayant cherché à faire revivre les temps où l'islam était triomphant et glorieux, mais les circonstances étaient loin d'être les mê […]
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