2. Le guide de la Révolution
Khomeyni s'installe à Qom d'où il lance ses directives en tant que « guide de la Révolution » ; un clivage apparaît rapidement au sein des éléments religieux entre modérés et conservateurs, et ce sont ces derniers qui, avec l'appui des « gardiens de la révolution » (pasdaran), ont la haute main sur les comités islamiques, instaurent un « ordre moral » et procèdent à des jugements et à des exécutions expéditifs.
Le 1er mars, dans un discours prononcé à Qom, Khomeyni proclame la volonté de rompre avec la civilisation occidentale, l'affirmation des valeurs de l'islam, la nécessité de maintenir l'unité du peuple afin de reconstruire le pays sur des bases nouvelles, la vigilance à l'égard des ennemis intérieurs et extérieurs, l'obligation du port du tchador pour les femmes ; il souhaite enfin l'instauration d'une république islamique.
Celle-ci est adoptée par référendum les 30-31 mars 1979 et, aux élections de juillet-août pour l'Assemblée constituante, les religieux et le Parti républicain islamique enlèvent les quatre cinquièmes des sièges. Le 17 août, dans un nouveau discours, Khomeyni condamne l'impérialisme, le sionisme, lance des menaces contre la presse, les autonomistes kurdes, azéris, arabes et turkmènes, les intellectuels dévoyés. La mort de l'ayatollah Taleghani, en septembre, prive l'opposition modérée de son chef et, dès lors, les activistes de la révolution ne connaissent plus de frein ; l'une de leurs actions les plus spectaculaires est la prise d'otages à l'ambassade des États-Unis le 4 novembre 1979 (ils ne seront libérés que le 20 janvier 1981), à quoi s'ajoutent de nombreuses arrestations et exécutions sans que Khomeyni intervienne.
Le référendum constitutionnel du 3 décembre accorde à l'imām (guide) des pouvoirs considérables, sans aucune responsabilité, au titre de la velāyat faghih, ou tutelle du jurisconsulte.
Parmi ses fidèles, Bani Sadr est élu président de la République le 27 janvier 1980, mais, vite en opposition avec la politique autoritaire de Khomeyni et de ses partisans, il doit quitter l'Iran (juin 1981) ; Sayyed Ghotbzadeh, un temps ministre des Affaires étrangères, est arrêté, jugé et exécuté (avril-septembre 1982).
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