Les deux tribunaux ordinaires du Saint-Siège sont le tribunal de la Signature apostolique et la Rote romaine. Les origines de celle-ci sont obscures : au xiie siècle, il existe des « auditeurs des causes du Sacré Palais apostolique » qui instruisent les affaires, en viennent à juger eux-mêmes, par « tour », et à constituer ainsi au xvie siècle un tribunal. Le terme de « rote » vient probablement du mot rota, sorte de pupitre sur lequel étaient placées les pièces du dossier et que l'on faisait rouler, en séance, devant chacun des auditeurs.
La Rote romaine comprend : des auditeurs, nommés par le pape (le plus ancien a le titre de doyen ; il est primus inter pares) ; un promoteur de justice (équivalent du ministère public en France) ; un défenseur du lien (qui soutient la validité du lien dans les causes du mariage) et son substitut, nommés par le pape ; un notaire (équivalent du greffier en droit français) ; des avocats (formant le collège des avocats agréés auprès de la Rote, et dont plusieurs sont des laïcs). Pour chaque affaire, la Rote juge en tribunal collégial (normalement, trois auditeurs fonctionnant par « to […]
