Romancier vénézuélien, Rómulo Gallegos se consacra d'abord à des tâches pédagogiques en même temps qu'à la littérature. En 1925, son roman La Trepadora (La Plante grimpante) le fait connaître parmi les intellectuels ; dans ce livre, il se montre partisan du croisement des races. Ensuite, il fait de la politique, vit en exil pendant quelques années à New York et en Espagne. De retour au Venezuela, il devient ministre de l'Instruction publique, puis, en 1947, président de la République, mais il est renversé, l'année suivante, par une junte militaire.
Photographie
Rómulo Gallegos Le politicien et romancier vénézuélien Rómulo Gallegos (1884-1969) prend un bain de foule dans les rues de Caracas, en 1958.
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Son œuvre, imprégnée d'une idéologie libérale et positiviste, affirme un credo politique progressiste. Dès 1912, dans un court récit, Los Aventureros, il s'en prenait à ce fléau du continent latino-américain : le caudillismo, le règne des tyranneaux. En 1920, il reprend le même thème dans El Forastero (L'Étranger, 1942). El Último Solar (dont le titre devint en 1930 : Reinaldo Solar) est centré sur le problème de la patrie et de son devenir. L'univers romanesque de Gallegos offre une représentation âpre et pittoresque des hommes et des paysages de son pays, depuis les régions côtières (Pobre Negro, 1937) et les forêts d'arbres à caoutchouc (Canaima, 1935), jusqu'aux zones pétrolières (Sobre la misma tierra, 1944) et aux plaines de l'intérieur. Dans Doña Bárbara (1929), considéré comme son chef-d'œuvre, l'héroïne, sorte de virago cruelle et mystérieuse, incarnation de la barbarie face à la civilisation, symbolise la savane des llanos, ces régions si typiques du Venezuela dont Gallegos fut le chantre admirable, à la fois épique et lyrique. Cantaclaro (1934) présente le cavalier solitaire qui — comme le gaucho des pampas argentines — parcourt ces régions désespérément isolées, hantées de mythes et de légendes. Un de ses derniers romans, La Brizna de paja en el viento (Le Brin de paille dans le vent, 1952), dont l'action se situe à Cuba, évoque un problème auquel Gallegos n'avait cessé de s'intéresser : la mission éducative de l'Université.
Bernard SESÉ
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