En 1942, Luchino Visconti avait montré la voie en tournant Ossessione en décors naturels. Mais, avec Rome ville ouverte, les spectateurs du premier festival de Cannes, en 1946, découvrent un film, une esthétique, une attitude « morale » devant la vie et le cinéma qui vont bouleverser, entre autres, les futurs cinéastes de la Nouvelle Vague. Réalisé en 1945 avec peu de moyens, comme un documentaire, sur les lieux mêmes de l'action, Rome ville ouverte, de Roberto Rossellini (1906-1977), retrace un épisode de la guerre qui rapproche, jusque dans la mort, un prêtre catholique et un résistant communiste. Plus que le réalisme des images dénuées d'effets photographiques, ou le sujet – la mise en place des thèmes et des mythologies qui vont marquer la « nouvelle réalité » italienne de l'après-guerre –, qu'on retrouve chez Vittorio De Sica (Miracle à Milan, 1950) ou Giuseppe De Santis (Riz amer, 1949), frappe la confiance de Roberto Rossellini dans les faits eux-mêmes, leur vérité, leur durée, que la caméra se contente de recueillir humblement, sans y ajouter la dramatisation d'une intrigue forte ou d'une écriture « artistique ». Le néo-réalisme est né, qui va marquer le second demi-siècle du cinéma. Deux autres chefs-d'œuvre suivront, Paisa (1946) et Allemagne année zéro (1947).
Photographie
Rome ville ouverte Tourné en décor réel dans une ville qui sortait à peine de la guerre, faisant appel pour partie à des acteurs non professionnels, Rome ville ouverte de Roberto Rossellini (1945) allait imposer le néo-réalisme au cinéma et servir de référence à la Nouvelle Vague française. Ici, Anna Magnani.…
Crédits: Cahiers du cinéma Consulter
Joël MAGNY
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