4. La civilisation : l'équilibre du Haut-Empire
Même si tout ne fut pas parfait sous le Haut-Empire, cette époque apparaît aux chercheurs actuels comme une période d'essor assez général, de stabilité, de bonheur : la vie politique n'a été perturbée que par quelques rares désordres, l'économie jouissait d'une prospérité certaine et les arts comme les lettres ont connu un développement général. C'est vers la fin du iie siècle et le début du iiie que cette civilisation se présenta sous sa forme la plus achevée.
• Le goût de l'ordre : les institutions
Cette heureuse situation se retrouve dans tous les domaines, et en particulier dans celui des institutions. L'âme romaine, tout imprégnée de droit, a mis en place des cadres complexes pour régler la vie des hommes.
Le pouvoir impérial
L'organisation de l'État a été réglée de telle manière qu'il convient de commencer par le sommet. En effet, le pouvoir impérial se présente sous la forme d'une monarchie absolue, et le régime reçut cette caractéristique dès sa naissance, c'est-à-dire dès l'époque d'Auguste. Personne n'admet plus, de nos jours, la théorie élaborée jadis par T. Mommsen, qui croyait en une « dyarchie », système dans lequel le prince et le Sénat se seraient trouvés à égalité. La primauté de l'empereur repose sur deux éléments, et d'abord sur les institutions elles-mêmes, aspect que T. Mommsen avait mal appréhendé, mais qu'il aurait pu saisir pourtant. En effet, les inscriptions et les monnaies montrent, à travers les titulatures dont Auguste et ses successeurs se paraient, la conception qu'ils se faisaient de leur autorité. Ils reprenaient, dans l'ensemble, la tradition républicaine qu'ils feignaient de respecter. S'ils innovaient, ce n'était que sur un point, mais un point de grande importance : ils accumulaient des pouvoirs dont chacun n'avait rien d'extraordinaire […]
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