3. La religion après Auguste
• Le culte impérial
La fondation du principat augustéen fut un événement aussi important au point de vue religieux qu'au point de vue politique. Ce régime nouveau s'appuie sur la divinisation de César, après sa mort en 44 avant J.-C. César avait compris que tout renouvellement politique devait s'appuyer sur un renforcement des valeurs religieuses, qui avaient perdu beaucoup de leur efficacité. Les rites du culte public étaient négligés ou tournés en dérision. Les auspices étaient délaissés. Les augures ne croyaient plus à leur science. La philosophie avait sapé les croyances traditionnelles, mais stoïcisme, épicurisme, académisme reconnaissaient l'existence des dieux, et étaient seulement en désaccord sur la nature des honneurs à leur rendre. Parmi le peuple s'était développée la croyance dans le caractère divin de certains personnages qui dominaient la vie politique : d'abord Scipion l'Africain, puis Marius et Sylla. César capta ce charisme à son profit. Il se fit élire grand pontife, puis développa autour de lui une légende de divinité. Mais c'est Auguste qui utilisa pour son propre compte l'héritage de son père adoptif. Ayant fait proclamer César dieu, il devenait lui-même « fils de dieu » et s'élevait ainsi au-dessus de l'humanité. Il fit répandre le bruit qu'il était le fils d'Apollon, se plaça sous la protection du dieu et associa le culte de son genius à celui que l'on rendait, dans les quartiers des villes, aux lares des carrefours. Il transposa ainsi à l'échelle de la ville le culte domestique ; il devenait le « père » de la communauté (pater patriae) ; et les citoyens étaient du même coup liés à lui par la pietas comme les membres d'une maisonnée le sont au père.
Cette innovation essentielle se produisit d'une manière progressive ; elle s'intégra dans une politique de restauration des cultes nationaux : réfection des temples ruinés, nomination de prêtres pour compléter les collèges, retour des rites à leur pureté primitive, développeme […]
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