2. L'art de la « nobilitas »
Vers le milieu du iie siècle, la production artistique prend à Rome un caractère assez original pour qu'on puisse parler d'un art romain. R. Bianchi-Bandinelli l'a défini comme un rameau de l'art médio-italique, qui exprime l'austérité des paysans et des montagnards de l'Apennin central, et s'interpose entre le courant hellénistique et le courant étrusque, acceptant les suggestions de l'un et de l'autre, mais en refusant l'élégance apprêtée et les excès du pathétique. Ceux-ci commençaient d'ailleurs à lasser les Grecs eux-mêmes, et l'on assiste précisément à ce moment à un engouement pour le classicisme, voire l'archaïsme avancé, qui donnera naissance aux ateliers néo-attiques, habiles, raffinés et savants mais sans vie ni vigueur créatrice. Ils séduisent l'aristocratie romaine d'autant plus aisément qu'Athènes a été depuis l'intervention des Romains en Grèce une alliée presque constamment fidèle, un instrument politique, et le centre d'études le plus attrayant pour les jeunes gens distingués qui vont parfaire leur culture au-delà de l'Adriatique.
L'art en effet est plus que jamais au service de la nobilitas, cette aristocratie qui a monopolisé les bénéfices de la conquête et de l'exploitation impitoyable des vaincus. Elle s'en sert comme d'un instrument de propagande pour exalter son orgueil et affermir son emprise sur la société, mais aussi, en même temps que des lettres et de la philosophie, pour se détendre, oublier ses remords et les dangers de la vie dans un monde impitoyable.
Il existe cependant aussi un art plébéien, sur lequel R. Bianchi-Bandinelli a attiré l'attention ; plus fidèle à la tradition médio-italique, il exprime les tendances et les aspirations de la bourgeoisie moyenne.
La révolution politique qui remplacera la République par la dictature de César, puis par le principat d'Auguste ne modifie pas sensiblement les conditions qui viennent d'être décrites. La dynastie julio-claudienne appartient à la plus haute noblesse, en con […]
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