3. L'Empire chrétien
Le ive siècle fut grand à bien des égards, et ce renouveau est dû pour une part aux réformes de Dioclétien, poursuivies, dans le même sens, par Constantin et Valentinien. Les empereurs sont théoriquement des souverains absolus, les traditions « libérales » du principat n'ayant pas résisté à la crise du iiie siècle, et le Sénat de Rome ayant perdu toute importance politique. Païens et chrétiens considèrent également leur « maître » (dominus) comme « empereur par la grâce de dieu » (ou de la divinité, quelle qu'elle soit). La conversion de Constantin a modifié le sens du culte impérial et rendu inutile la divinisation recherchée par ses prédécesseurs. La victoire des armes, expression de la volonté divine, distingue le « basileus » légitime de l'usurpateur, « tyran » que vitupèrent les panégyristes. La nouveauté réside surtout dans le perfectionnement des structures administratives, ce qui limite du reste l'action directe des souverains, isolés au sein de l'apparat de leur cour : bureaucratie centrale pléthorique, pouvoirs énormes des préfets du prétoire dans leurs vastes circonscriptions, stricte hiérarchie des fonctionnaires, jusqu'aux gouverneurs de provinces, tout-puissants aussi, en contact direct avec la population, les corporations et les curies municipales (le nom de curiales a remplacé celui de décurions) totalement mobilisées pour le service de l'État. Une législation abondante (recueillie dans le Code théodosien, depuis 313, et plus tard dans le Code justinien) marque les progrès de l'interventionnisme d'un État « totalitaire », malgré la protection officielle accordée aux pauvres (tenuiores, humiliores) contre les riches, qu'ils soient sénateurs grands latifondiaires aux tendances autarciques, en Occident surtout, ou fonctionnaires (honorati) aux traitements élevés, en espèces et en nature, fiers de représenter un État fort, et placés au sommet de la hiérarchie sociale. Seuls les hauts « clarissimes » (les illustres) siègent vraiment au S […]
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