Plus connu dans l'Antiquité pour son parfum balsamique que pour ses vertus médicinales, cultivé dans les monastères du Nord dès le haut Moyen Âge, probablement dans un but thérapeutique, le romarin (Rosmarinus officinalis L. ; labiées) accéda au xvie siècle à une renommée exceptionnelle grâce à la fameuse « eau de la reine de Hongrie » (produit de la distillation de sa macération alcoolique). Isabelle de Hongrie, qui prétendait en avoir reçu la formule d'un ange, s'en était servi avec succès contre ses propres rhumatismes. De là on en fit un élixir de jouvence, employé jusqu'à la fin du xviiie siècle dans les troubles nerveux, sur les douleurs de l'arthrite, les blessures. Les fleurs n'étaient pas moins célèbres, qu'on appelait en officine anthos, c'est-à-dire la fleur par excellence. La plante est toujours utilisée en phytothérapie.
Le romarin renferme 0,5% (plante sèche) d'une essence à la senteur camphrée très pénétrante, composée de beaucoup de pinène (constituant de l'essence de térébenthine), de bornéol, de cinéol et de 5 à 15% de camphre. La plante contient aussi de la choline, des acides […]
