L'Église orthodoxe grecque a admis au rang de ses saints celui qu'elle considère comme son plus grand hymnographe, tant en raison de la valeur poétique que du contenu religieux de son œuvre. Ce poète du vie siècle était originaire de la ville syrienne d'Émèse (l'actuelle Homs) et vraisemblablement d'ascendance juive. Il séjourna à Beyrouth, où il fut diacre, avant de s'établir à Constantinople où, selon la tradition, la Vierge lui apparut en songe et lui ordonna d'avaler un livre. S'étant réveillé, il improvisa un hymne, ce qui aurait marqué le début de sa carrière poétique.
Romanos n'a pas inventé le genre du kontakion (ou homélie en vers), attesté dès le ve siècle et influencé par des modèles syriaques. Mais il l'introduisit à Constantinople et le porta à un rare degré de perfection. Le kontakion se compose d'un nombre variable de strophes — entre onze et quarante chez Romanos — et obéit à de strictes contraintes formelles. Il devait comprendre un petit prélude, l'acrostiche du nom de l'auteur courant sur l'ensemble des strophes et, dans certains cas, une prière finale. Les Byzantins attribuaient à Romanos mille compositio […]
