Le Roman de Fauvel est un long poème satirique constitué par deux livres écrits entre 1310 et 1314. Gervais du Bus (Gervés du Bus, Gervès du Bus) est le seul auteur avéré de ce poème, qui constitue un violent réquisitoire contre la corruption et les abus des pouvoirs laïque et religieux dans la France de Philippe le Bel. Fauvel est un âne roux chargé de tous les défauts ; son nom est un acrostiche de ses vices :
Photographie
Roman de Fauvel Le carnaval, miniature figurant dans le manuscrit du Roman de Fauvel (début du XIVe siècle).
Crédits: Visioars/ AKG Consulter
Flatterie
Avarice
Vilenie
Variété (c'est-à-dire inconstance)
Envie
Lâcheté
Le Premier Livre, de 1 226 octosyllabes, décrit l'ascension de l'arriviste Fauvel. Le Deuxième Livre, de 2 054 octosyllabes, est un récit allégorique : Fauvel veut épouser Fortune, qui lui a permis d'accéder au pouvoir ; Fortune refuse mais lui accorde la main de Vaine Gloire ; naissent de leur union des petits « fauveaux » qui répandent partout la corruption et le mal. 169 pièces de musique vont être introduites dans le Roman de Fauvel jusqu'en 1317 (ou 1318 ?) ; l'œuvre acquiert alors une importance considérable en devenant le recueil le plus riche et le plus varié des formes de musique vocale monodique et polyphonique – chansons, antiennes, conduits, répons, ballades, motets, lais, rondeaux... – existant au début du xive siècle. Musicalement, le Roman de Fauvel est un ouvrage collectif dont les compositeurs sont presque tous anonymes ; certaines pièces auraient cependant été composées par Chaillou de Pesstain et quelques motets peuvent être attribués de manière quasi certaine à Philippe de Vitry. Fait essentiel, la plupart de ces pièces, de facture inusitée, marquent la fin de l'ars antiqua et le début de l'ars nova française, qui sera codifiée quelques années plus tard, vers 1320, dans le traité Ars nova de Philippe de Vitry, étape fondamentale dans l'histoire de la musique occidentale.
Juliette GARRIGUES
Retour en haut



