4. Témoin de son temps
Dans les années 1980, tout en continuant de diffuser ses recherches sur le photomontage à travers la publicité (campagnes pour Charles Jourdan), il collabore de plus en plus régulièrement comme illustrateur et graphiste à des périodiques : Libération, Révolution... À la fin de la décennie, il établit ainsi plusieurs formules de presse dont celles du magazine scientifique VST.
En 1986-1987, il réalise une nouvelle série de photomontages personnels, Pas de nouvelles-Bonnes nouvelles, qui délivrent un message violent et pessimiste sur l'état du monde, selon un graphisme vif, soutenu par une typographie conçue pour l'écran (l'OCR-A), préfigurant le mode d'échanges des images et des informations par ordinateur. Il déploie ce nouveau style dans ses « éditoriaux graphiques » pour le magazine L'Autre Journal, en 1992, auquel il donne également plusieurs couvertures marquantes.
Il revient, par ailleurs, à la scénographie, avec un décor d'images projetées sur le fronton de l'Assemblée nationale pour la célébration du bicentenaire de la Révolution française en 1989, puis en concevant les animations sur la façade de l'Hôtel de Ville de Paris, en 1990, à l'occasion du centenaire de la naissance du général de Gaulle.
L'œuvre de Roman Cieslewicz a fait l'objet de plus d'une centaine d'expositions personnelles de son vivant, en France et à l'étranger. Le Centre Georges-Pompidou lui consacre une grande rétrospective, en 1994, et fait l'acquisition de nombreuses pièces, depuis les affiches polonaises jusqu'aux numéros de la revue Kamikaze. Le quotidien Le Monde le charge, la même année, de la conception graphique et artistique de l'album anniversaire de son cinquantenaire. Cette réalisation sera sa dernière commande importante.
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