Comédien, Roland Dubillard improvise en duo, à la radio, dans les années cinquante, des sketches où il met en évidence l'absurdité du langage. Son partenaire a pris pour pseudonyme le prénom d'Amédée et Dubillard lui-même se fait appeler Grégoire. À leur manière, Grégoire et Amédée vulgarisent le Ionesco de La Leçon et de La Cantatrice chauve. Ils connaissent alors un joli succès.
Roland Dubillard retrouve son vrai nom pour écrire seul une parodie d'opérette : Si Camille me voyait (1953). C'est l'année même de la création d'En attendant Godot, de Samuel Beckett. Il faut cependant attendre huit ans pour qu'il donne sa première grande pièce métaphysique : Naïves Hirondelles (1961). À travers des jeux de langage et des situations caricaturales, l'auteur met en scène le drame de vieillir sans pouvoir vraiment aimer. La pièce est saluée comme un chef-d'œuvre par deux écrivains très différents : Ionesco et André Roussin.
Avec La Maison d'os (1962) Dubillard porte à son extrême une conception purement métaphysique du théâtre. Il met en scène un vieillard qui va mourir entouré de ses domestiques. La maison dans laquelle i […]
